J’avais déjà entendu parler du groupe en cours d’année et vu passer la pochette de Ego Dissolution, l’album étant sorti en avril, je me suis laissé piéger par son vernis old school assumé : logo dégoulinant, iconographie très codifiée qui ne m’a pas attiré au premier abord et il a fallu que j’attende mi-décembre pour l’écouter, et il tourne en boucle depuis.
Le qualificatif de Death old school correspond bien à la musique d’Ancient Death… et Death ou Morbid Angel sont des influences mais pas seulement, et loin de là.
Si le groupe bouscule les codes du death metal old school à la manière de Blood Incantation, il évite toutefois l’écueil du collage hétéroclite : pas de ruptures psychédéliques façon Pink Floyd plaquées en plein milieu des morceaux. À la place, l’album regorge de passages apaisés, bien intégrés et rares quand même, mais parfois si dépouillés que, pris isolément, ils n’entretiennent aucun lien évident avec le Death Metal. C’est précisément dans cet équilibre — entre puissance héritée et respirations inattendues — que Ego Dissolution affirme sa singularité.
Ancient Death signe là un premier album long format qui est déjà d’une maturité remarquable. Ce quatuor américain, originaire du Massachusetts est actif depuis 2019, et s’était déjà fait remarquer avec l’EP Sacred Vessel, mais ce nouvel album marque un véritable changement d’échelle : plus ambitieux, plus dense, et surtout plus personnel.
Musicalement, Ego Dissolution s’inscrit dans un death metal à la fois massif et réfléchi, qui refuse le cloisonnement entre brutalité et atmosphère. Les riffs sont souvent mid-tempo, lourds, parfois écrasants, mais rarement linéaires. Ancient Death privilégie des structures évolutives, où les thèmes se transforment progressivement, laissant respirer la musique avant de repartir sur des accélérations ou des déferlements plus violents. Un coté progressif donc qu’n pourra les rapprocher à la fois de Tomb Mold et d’Horrendous.
Le travail vocal participe pleinement à cette identité. Le chant principal reste ancré dans un registre death metal profond et rugueux, mais l’album se distingue par l’introduction ponctuelle de voix claires féminines (par la bassiste), notamment sur “Breathe – Transcend” ou “Echoing Chambers Within the Dismal Mind”. Ces interventions ne relèvent ni de l’effet décoratif ni du contraste facile : elles apportent une véritable respiration émotionnelle, renforçant la dimension introspective du disque. Elles contribuent à cette sensation que Ego Dissolution regarde autant vers l’intérieur que vers l’extérieur, et au niveau de sa réinterprétation du Death old school, je dirais juste que je trouve qu’ils touchent juste à tous les coups au niveau des riffs, leur science du riff efficace est juste exemplaire.
La production manque un peu de puissance à mon gout, c’est une production à l’ancienne, le son est organique, loin des reproches de surcompression des groupes de Metal modernes. Ça colle au genre musical.
Ego Dissolution est donc bien plus qu’un simple bon début : c’est un disque qui pose des bases solides, affirme une vision artistique claire et laisse entrevoir un potentiel considérable pour la suite. Un album exigeant, mais profondément gratifiant, qui mérite amplement qu’on s’y attarde.
Ancient Death
RBD
il y a 8 moisLa pochette est surtout une parodie culottée, sacrilège, d’un gros classique d’Obituary. Après je n’ai rien à rajouter à la chronique, c’est très bien décrit. J’ai peut-être moins accroché, mais au moins ils montrent une personnalité et c’est ce qui compte à terme.
jonben
il y a 7 moisIl y a un oeil dans le ciel sur la pochette de Symbolic de Death aussi.
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