Dans la série des loupés de l’année 2025, Calva Louise sera a priori parmi nos derniers clients, avant qu’on puisse enfin estimer être en mesure de clôturer le top 2025.
Le metalcore n’étant pas du tout mon genre de prédilection, je sais très bien pourquoi j’ai survolé seulement ce disque à sa sortie, en décidant de ne pas m’y arrêter. A tort car les citoyens du monde Calva Louise, trio formé à Londres (mais dont les membres sont originaires de France, du Vénézuela et de Nouvelle-Zélande) proposent bien plus que du simple metalcore dans l’air du temps et offrent même suffisamment de « trucs en plus », pour qu’on puisse légitimement considérer Edge of the Abyss comme un des (nombreux certes) temps forts de l’année dernière.
Avec pour commencer, une chanteuse/guitariste énervée proprement impressionnante et plus que compétente dans les différents registres qu’elle explore vocalement sur ce disque : les cris typiques du metalcore bien sûr, mais aussi un chant clair « poppy » très maîtrisé, avec également une autre particularité qui là aussi confère à Calva Louise une personnalité à part. La présence de paroles chantées en espagnol qui viennent alterner avec le chant en anglais. Jessica Allanic maîtrise en effet parfaitement la langue de Cervantès, et elle le démontre à de nombreuses reprises sur plusieurs titres de l’album (et pas seulement sur les titres dont l’intitulé est en espagnol). Cette touche latine vient clairement apporter quelque chose de « plus » et en tout cas de « différent » à la musique de Calva Louise. Ajoutons à cela une aptitude à aller aussi se fotter à d’autres genres comme la musique électronique (le très synthwave « The Abyss » ou les passages techno de « La Corriente »), voire même à proposer des petits passages quasiment (j’ai bien dit quasiment) néo-classiques au piano (à de nombreux endroits comme sur « W.T.F. », « Aimless », « Lo Que Vale », « Hate in Me » et le dernier titre, l’excellent « Under the Skin ») et le panorama est (à peu près) complet.
On pense parfois à la musique des écossais de Vukovi, même si Calva Louise reste globalement plus agressif (tout en restant mélodique je me répète) et beaucoup plus varié dans les sons et influences proposés.
En tout cas le résultat de ce mélange est réjouissant car le groupe parvient 40 minutes durant, sans brider sa créativité, à la canaliser suffisamment pour que son originalité affichée ne verse jamais dans le n’importe quoi dans lequel il aurait pourtant été si facile de se vautrer lamentablement. Et de nous proposer des compos très solides et accrocheuses à la fois : chaque titre de l’album étant simplement un tube en puissance. Si je devais en citer deux à titre d’exemples, ce serait probablement « Impeccable » et « Hate in Me » qui illustrent parfaitement le mélange aigre-doux de la musique de Calva Louise.
Edge of the Abyss est au final une petite bombinette que je vous invite à réhabiliter si vous êtes comme moi passé (un peu ou complètement) à côté lors de sa sortie il y a quelques mois.
Tracklist :
- Tunnel Vision
- W.T.F
- Aimless
- Lo Que Vale
- Impeccable
- Barely A Response
- The Abyss
- El Umbral
- La Corriente
- Hate In Me
- Under The Skin
Calva Louise
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