Après avoir sorti l’un des albums phares de 2019 (Så kom mørket…), Morild s’est fait discret au point d’attendre six ans pour en réaliser une suite. Désormais chez Vendetta Records (Détresse, Unru…), le groupe danois poursuit dans sa vision « aquatique » du black metal, son patronyme provenant de celui d’un plancton bioluminescent.
Epousant sa thématique au point de faire des concerts dans des aquariums, le groupe développe un son atmosphérique unique évoquant les profondeurs et le désespoir de s’y noyer. Les vocaux criards sont toujours aussi particuliers, contribuant à l’ambiance moribonde développée par ces quatre titres fleuves (la conclusion atteignant le quart d’heure).
De l’introductif « Retten Til Resterne » jouant entre nerfs, agression et froideur, on retrouve là intact l’impact que peut avoir Morild dans sa faculté à dessiner des paysages sonores torturés, tendus mais avec une tristesse sous-jacente. « Træt » poursuivra dans cette ambivalence entre DSBM frénétique et mélodies désolées (que ce soit par ses trémolos, ses notes éparses ou son intégration de claviers discrets).
Idem sur « 1000 Kroppe » qui place entre deux salves d’assauts furieux un break atmosphérique bouleversant. Enfin, la conclusion « Disse Fugle Får Ingen At Se » intègre un départ empreint de douceur avec vocalises féminines qui survolent au-dessus avant de tout désintégrer dans une furie de cris et de trémolos aux multiples embardées avant d’atterrir dans une surprenante douceur comme un retour à la surface après le déluge.
Un sublime second effort pour ce groupe en marge des productions dites « post black » actuelles.
Morild
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