Cult Of Luna – 03 octobre 2004 – Locomotive – Paris

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C’est dans une loco correctement remplie (250 personnes) mais loin d’être comble que nous avions rendez-vous avec les suédois de Cult Of Luna, et personnellement adorant « Salvation », la dernière livraison en date (sortie le 04/10), j’étais particulièrement impatient de voir comment le groupe allait retranscrire l’intensité des nouveaux morceaux sur scène.

Mais avant Cult Of Luna, 3 groupes devaient jouer les apéritifs.

Premiers d’entre eux, les français de Mihai Edrisch ont donné un set correct, officiant dans un hardcore new school, alternant passages mélodiques, et accès de furie qui m’ont personnellement rappelé parfois The Dillinger Escape Plan. Dotés d’un bon batteur, leur set d’à peine 30 minutes remplit bien son office et parvient à bien chauffer la salle, malgré l’évidente timidité du groupe et surtout du chanteur qui passe la majorité du set dos à la foule. On mettra ça sur le compte d’un manque d’expérience, les choses ne pourront aller qu’en s’améliorant.

Après un petit break, c’est au tour d’Ataraxie de prendre place sur scène. Rien qu’au look des musiciens du groupe, on sait qu’on va avoir affaire à des metalleux. Effectivement, dès le 1er morceau l’erreur n’est pas permise, on a bien droit à une sorte de doom/death, dont la particularité principale est d’être. chiant.
En effet leur musique ne manque certainement pas de qualités pour qui aime le doom, mais personnellement, je passe environ 30 minutes à dormir allongé sur les fauteuils du balcon de la loco. La musique qui se diffuse en bas est extrêmement lente, lourde, et malgré quelques passages sympas, car plus mid-tempo, le groupe reproduit régulièrement le même schéma directeur, à savoir sur un même morceau, environ 8 minutes de doom lent, lourd avec voix death (mention bien à la voix du chanteur, chanteur à l’apparence particulièrement juvénile qui dénote avec sa voix caverneuse), alternés avec 1 minute de blasts qui auront pour seul effet de me tirer de ma torpeur l’espace de quelques secondes, avant de reprendre une sieste bien méritée.
Après ce qui semble être une éternité, mais qui au final n’aura été qu’une demi-heure, le groupe quitte la scène.
A revoir dans d’autres conditions, Ataraxie n’étaient pas pour moi à leur place à l’affiche ce soir, coincés entre le hardcore de Mihai Edrisch et celui de. Judoboy, 3ème groupe à investir les lieux ce soir.

Jouissant d’une petite notoriété, les français ne m’auront vraiment pas convaincus ce soir malgré une bonne volonté évidente. En dépit d’une bonne maîtrise technique, le son brouillon m’empêchera de réellement discerner les nuances dans les compos de Judoboy, si nuances il y a. Je constaterais cependant l’énergie réelle du chanteur épileptique à casquette qui parcourera en long en large la scène pendant tout le show (rendant mon exercice de le prendre en photo particulièrement pénible) et noterais que le groupe sait quand même ralentir le tempo et alléger l’ambiance grâce à quelques morceaux atmosphériques bienvenus.

Après une très longue attente pour le coup (45 minutes environ), c’est au tour des 7 suédois d’investir enfin la salle, aux alentours de 22h30 donc.
La magie commence alors que le groupe entame « Echoes », sublime épopée en 12 minutes et quelques miettes, qui est aussi le morceau introductif de leur sublime nouvel opus « Salvation ». Le son est parfait, la performance du groupe hypnotisante. Lorsque le chanteur Klas prend la voix au bout de quelques minutes aux environs de la moitié du morceau, on constate que tout est parfaitement en place et que l’on va passer un super moment ce soir.
Assistés par un jeu de lumière efficace faisant passer la lumière de la scène du bleu, au rouge, en passant par le jaune, les suédois réussissent sans mal à captiver l’auditoire et à le promener entre passages atmosphériques tripants et violence apocalyptique, largement portée par un batteur fantastique et omniprésent, véritable clef de voûte de toute la structure rythmique du groupe.

Composé de 2 guitaristes, un bassiste, un chanteur, un batteur, un synthé/sampler, et d’un percussionniste, le combo se meut à l’unisson telle une bête à plusieurs têtes à la puissance de feu dévastatrice.

Régulièrement le chanteur très expressif et charismatique, s’éclipse laissant ses compagnons tenir le jeu pendant les (parfois très) longs passages instrumentaux qui parsèment les compos de Cult Of Luna.
Moment fort de ce concert pour moi, la fin génialissime de « Waiting For You » encore extrait du dernier album, qui décidément aura passé sans mal l’épreuve de la scène ce soir, puisque pas moins de 6 morceaux interprétés en seront extraits ce soir.
On notera à la fin du concert, la collaboration entre la voix arrachée du chanteur Klas, avec la (très belle) voix claire, du discret percussionniste, collaboration parfaitement réussie, qui est à mon avis une belle idée à développer pour le futur discographique du groupe. En effet, si le groupe s’est dans l’ensemble adouci sur « Salvation » seule la voix, arrachée, éructée, et monocorde n’a pas évoluée, à l’exception donc de ce petit intermède bienvenu.

Au bout d’une heure absolument intense, au cours de laquelle je n’aurais que très rarement (j’avoue une fois, une seule, cela m’a paru un peu long) déconnecté du spectacle hypnotisant qui s’offrait à moi, le groupe quitte la scène brutalement, sans dire un mot, et la magie et le rêve s’achèvent violemment.

Un grand grand concert, pour un grand grand groupe et une expérience unique en live !

Sympathique soirée, même si j’étais bien mort après la « nuit blanche » de la veille. donc j’ai un peu dormi sur les premier groupes. Mention bien à Mihai Edrisch, malgré un son brouillon dès que ça partait en chaotique saturé, ils ont démontré qu’ils savaient créer de bons morceaux dans un style se rapprochant de Envy ou Orchid. Ataraxie m’ont assez surpris, le 1er morceau a commencé avec plus de 5 minutes d’un gros riff métal extrêmement lent, comme si un groupe de death était passé au ralenti, enfin du doom. Finalement, c’était assez bien, plutôt reposant, en fait j’ai somnolé, les infra basses m’ont bercé. Quant à Judoboy, un peu chaotique pour moi, surtout que leur son assez pourri ne leur a pas permis beaucoup de nuances. J’ai bien aimé le T-shirt du chanteur, Amanda Woodward il me semble.

Après un peu d’attente où je commence réellement à comater, les Cult Of Luna arrivent sur scène et mon intérêt s’éveille soudain. Ils commencent en instrumental un des morceaux du dernier album. Ils joueront d’ailleurs beaucoup de titres du dernier album, quasiment tous en fait. Leurs morceaux s’étendent dans de longues instrumentations aux mélodies répétitives et malsaines, particulièrement sur le dernier album, les morceaux contiennent de longs passages mélodiques, où les guitares s’entrecroisent avec des synthés atmosphériques, tandis tout en lenteur et en subtilité la rythmique envahie la salle. Après des crescendos tendus, le chanteur pose ses cris déchirants sur des parties martelées où guitares et batterie rivalisent de lourdeur.

Un peu comme si Portishead se mettaient à jouer du Neurosis mélangé à du Bohren und der Club Of Gore.

Scotchant !

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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