Cult of Luna – The Long Road North

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Style: Post Machin de LuxeAnnee de sortie: 2022Label: Metal Blade

Décidément l’année 2022 commence avec son lot de surprises, me concernant tout du moins… Après Hangman’s Chair et la claque inattendue reçue avec leur nouvel album, A Loner, c’est maintenant au tour de Cult of Luna de me faire le coup du… retour en grâce. Je m’étais en effet arrêté à l’excellent Salvation, 18 ans plus tôt et bien que j’ai toujours jeté une oreille curieuse sur les sorties ultérieures des suédois, je n’avais jamais été (re)conquis et avais toujours ressenti une grande lassitude et l’impression que le groupe avait déjà tout dit. Vu les chroniques souvent très élogieuses récoltées par les suédois, je mettrais simplement cette impression sur le compte de ma lassitude à l’égard du post machin en général, genre dont j’étais franchement gavé (à l’exception notable de The Ocean).

En tout cas, si on m’avait dit il y a quelques semaines que deux des meilleurs albums de l’année 2022 seraient pour moi les nouveaux albums de Hangman’s Chair et Cult of Luna, je ne l’aurais probablement pas cru. Et pourtant le picto en haut à droite vous aura déjà fait comprendre à quel point ce nouvel album de la Secte de la Lune m’a cette fois plus que convaincu (…euphémisme).

Pourtant je suis convaincu que rien n’a fondamentalement changé dans la recette de Cult of Luna depuis plusieurs albums, et qu’il n’y a aucune révolution sur ce nouvel album. Mais l’ambiance, l’atmosphère dégagées sont particulièrement saisissantes, on se croirait presque dans une sorte de western post-apocalyptique, un peu comme si Ennio Morricone faisait du post metal, en particulier sur le titre « An Offering to the Wild » au fort pouvoir évocateur.

Le songwriting est sur The Long Road North particulièrement affuté, même si le cheminement des titres est assez classique, chaque morceau contient son petit passage qui fait dresser les poils et c’est assez remarquable et cela contribue à rendre l’émotion et l’ambiance vraiment prenantes tout au long de l’album qui coule de façon très fluide, pour un disque durant tout de même 69 minutes. Et au-delà de l’écriture remarquable, la variété des ambiances et des approches joue un rôle majeur pour permettre à cette fluidité de bien se ressentir tout au long de l’album. Outre « Into the Night », le morceau chanté par Fredrik Kihlberg (guitariste) en voix claire qui contraste superbement avec la voix très monolithique de Johannes Persson, et qui même s’il constitue un gimmick récurrent sur chaque album post Salvation n’empêche pas ce morceau d’être magnifique (et d’enterrer sans mal la contribution finalement anecdotique de Mark Lanegan sur l’EP précédent The Raging River) et de constituer une respiration bienvenue même si l’agression reprend ses droits à la fin du titre. On retrouve aussi une invitée (Mariam Wallentin) qui apporte un vrai plus sur « Beyond I » en conférant une ambiance lugubre et très sombre, de même que Colin Stetson et son saxophone sur deux morceaux (« An Offering to the Wild » et « Beyond II »), qui a le mérite d’être audible et remarquable sans pour autant apparaître comme un passage « forcé » collé au hasard sur les titres.

Et un autre point fort de la construction du disque, tient aussi au fait que Johannes sait se mettre en retrait pour laisser la musique parler seule sur beaucoup de parties des titres de l’album et c’est une excellente idée car encore une fois son chant monolithique peut s’avérer lassant et le groupe semble être bien conscient de l’importance de varier les ambiances et de ne pas laisser son chanteur principal s’égosiller plus d’une heure durant.

La musique des suédois est froide c’est indéniable mais elle est aussi particulièrement dynamique et c’est pour ma part probablement pourquoi je me retrouve si accroché par ce nouvel album : on a jamais l’impression que COL tombe dans l’écueil de certains groupes de post machin proposant des compositions lourdes, s’étirant artificiellement en longueur et conduisant l’auditeur à sombrer dans la létargie. On ne s’ennuie jamais à l’écoute de The Long Road North, et ce n’est pas la moindre des prouesses à mes yeux, concernant un album de ce genre.

Ces suédois sont définitivement une valeur sûre et leur nouvel album devrait sans nul doute ravir une fois de plus leurs fans mais peut-être aussi donc, faire revenir quelques anciens à eux !

Tracklist :
01 – Cold Burn
02 – The Silver Arc
03 – Beyond I
04 – An Offering to the Wild
05 – Into the Night
06 – Full Moon
07 – The Long Road North
08 – Blood Upon Stone
09 – Beyond II

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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