Fago Sepia – L’âMe SûRe, Ruse Mal

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Style: post rock jazzyAnnee de sortie: 2006Label: Bolton Wonderland Records

Un premier EP sorti en 2004, cet album paru en 2006, il est clair qu’avec Fago Sepia on ne fera pas dans l’évènementiel. Et on ne s’en excusera même pas. On ne savait pas qu’ils existaient bien qu’ils soient français. Jusqu’à recevoir cet album au nom tant énigmatique que ces palindromes fins et futiles dont je n’ai d’ailleurs toujours pas compris l’utilité dans l’usage d’une langue ou d’un écrit… Mais laissons ces considérations de côté – et tout à fait personnelles pour le coup – pour nous concentrer uniquement sur la musique de Fago Sepia. Volonté d’ailleurs clairement affichée par le groupe : Fago Sepia c’est leur musique. Aucun titre de morceaux hormis des chiffres aussi impersonnels qu’énigmatiques, musique instrumentale par excellence, graphisme autant minimaliste que négligé digne de la culture indie dans sa plus pure expression, pas de doute seule leur musique compte. Point barre. Pas de théorie, pas de message, pas d’expression lapidaire ou bien encore existentielle. Non rien de tout cela. Entrer dans l’univers de Fago Sepia c’est accepter que la musique puisse exister pour elle-même, se joue et se complaise d’elle-même tout en se livrant pieds et poings liés à l’auditeur, vierge de toutes considérations. Et c’est d’ailleurs le sentiment premier à l’écoute de l’âme sûre, ruse mal, la sensation de pénétrer avec une facilité déconcertante cet univers musical, se laisser envahir d’une pureté, d’une légèreté quasi virginale et surtout salvatrice pour qui souhaite poser les valises quelques instants, se lover au cœur de son canapé pour enfin parvenir à ce repos, cette paix de l’âme si complexe, si sauvage, si difficile à saisir.

Pour autant n’allez pas croire que la demi heure qui compose cet album est uniquement un amalgame de sons et autres délires ambiants soit disant à même de plonger l’être au cœur de nymphes salvatrices. Nul délire pour hippies sur le retour. Rien à voir. Ici on est plongé dans des harmoniques et des rythmiques portées avant tout par le duo guitare-batterie, façon jazz s’acoquinant avec ce que l’on appelle communément aujourd’hui le post-rock. Deux guitares, une basse, une batterie. Cette configuration rock classique n’hésite pas à jouer les trouble-fête au cœur d’un univers free-jazz et se voile d’une production cristalline, quasi clinique, aussi froide que lumineuse donnant tout l’espace nécessaire à chaque protagoniste pour enfin laisser libre cours à cette musique mariant aussi bien le groove et la complexité du jazz que l’esprit et certaines dissonances du rock. Les références seront alors légions : Don Caballero, Cheval de Frise, Do make say think, Chevreuil, Sonic Youth, j’en passe et des meilleures… Alors certes les premières écoutes vous procureront très certainement le sentiment de déjà vu, déjà entendu pour qui navigue dans les univers précédemment cités. Mais cette sensation s’envolera bien vite, la maîtrise et les paysages sonores créés possédant une force et un caractère que rien ne laissait présager de visu. Et c’est bien là la seule leçon à retenir à l’écoute de l’âme sûre, ruse mal : ne jamais se fier au paraître. Si la musique s’en drape parfois, elle n’en a nulle obligation et in fine seul le plaisir compte. Et c’est bien de plaisir dont il est question ici.

  1. six
  2. neuf
  3. trois
  4. huit
  5. cinq
  6. sept
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