Paysage D’hiver – Einsamkeit

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Style: black ambientAnnee de sortie: 2007Label: Kunsthall

Acte I – Réflexion

Une errance au long d’interminables tunnels sans lumière, le temps s’étire. L’obscurité envahissante rampe et suinte jusqu’à submerger l’être et le pénétrer. Une litanie obsédante résonne dans l’espace, nimbée d’un voile éthéré. Les profondeurs de la terre renvoient le rythme obstinément lent de machines mystérieuses. Leur inquiétant grondement désincarné semble ne jamais vouloir cesser, mu par une infernale volonté. Les motifs mélodiques changent imperceptiblement, hypnotiques. Les ténèbres oppressantes se vêtent d’un suaire nébuleux. Ici ne règne que la noirceur poisseuse de la solitude, couronnée d’un désespoir cristallin.

Acte II – Lumière intérieure

Une aube vaporeuse affleure à l’horizon. Une clarté laiteuse, presque palpable. Espoir trompeur. Une énigmatique mélopée plonge l’esprit dans une torpeur introspective. La douce étreinte de la glace engourdit les sens et paralyse le corps. Apaisante, elle s’infiltre et étend son emprise sans heurt. Elle berce en son sein le voyageur égaré. Elle l’ensommeille de visions translucides, d’illusions opalescentes, de reflets sans fin. Gracieuse, elle tisse pour lui un manteau de givre qui bientôt le couvre. Elle l’enveloppe de rêves brumeux, dépose sur son front ses lèvres froides et l’entraîne dans des limbes diaphanes dont il ne reviendra pas.

Acte III – Puissance

Le vent… et l’éclat blafard de l’astre lunaire sur la neige. Soudain, la tempête. De frêles échos semblent vouloir percer le pesant dais d’une nuit désormais impénétrable. L’effroyable créature vomit sa haine glaciale en un hurlement décharné. Ses atroces imprécations déchirent le ciel. Ses tourments ne connaissent aucun répit. Les éons d’une souffrance monstrueuse prennent corps en un cri famélique tandis que la nuée poursuit inéluctablement son balai floconneux, fascinant. Puis le silence… Le vent se lève à nouveau, force insaisissable, immatérielle. Il souffle, gardien éternel et inflexible, se souciant peu de nos misérables tragédies.

  1. einkehr
  2. inneres licht
  3. kraft

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alchemist

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7 Commentaires

  1. Ø says:

    Paysage d’Hiver ou la quintessence du bm.

  2. Hallu says:

    Ou pas… Perso ça ne me fait ni chaud ni froid, on est loin de la vraie dark ambient.

  3. Ø says:

    Ça n’en a pas la prétention non plus, mais c’est vrai que si on n’arrive pas à rentrer dans cette atmosphère on passe à côté du truc.

  4. Hoover says:

    Groupe intrigant. 3 rééditions A5 qui m’ont laissé entrevoir le pire (le côté ambiant raté à la limite du foutage de gueule) et du prometteur (Paysage d’Hiver, avec sa superbe première chanson typée BM, Welt aus Eis). J’aurais bien aimer creuser, mais le flot des rééditions semble endigué, sans aucune communication sur le sujet. Bref, je n’écouterai pas Eisamkeit pour le moment, n’ayant pas l’intention de le télécharger. Par contre si quelqu’un a des news, je suis preneur. ;-)

  5. Monster says:

    J’aime bien quand Paysage d’Hiver fait du black metal ambient mais quand, dans le cas de ce « Einsamkeit », PD’H fait du pur ambient, c’est-à-dire sans guitares et sans voix de corbeau castré, ben ça me laisse froid (c’est le cas de le dire). ça fait un peu ambient de supermarché je trouve…

  6. ellestin says:

    jamais accroché à ce projet, pourtant c’est de la belle ouvrage. Il doit manquer un atome crochu quelque part, bizarre…

  7. alchemist says:

    C’est le moment ou jamais de le découvrir ou de le ré-écouter !

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