Après un premier EP intitulé sobrement Act I (2024), les suédois affublés de masques à gaz Lömsk reviennent avec un second acte plus conséquent, en l’occurrence un premier véritable album. Les quatre anonymes aux pseudos guerriers (The Colonel, The Lieutenant, The Major et The Captain, pour ce dernier, on peut savoir grâce à Metal Archives qu’il s’agit de Daniel Bugno, aussi batteur chez Hedon) parlent donc de guerre mais de manière plutôt désespérée…
…mais sans lésiner sur l’agressivité ! Le black metal du groupe de Göteborg dégage le type d’ambiances que l’on connait chez des groupes comme Mgla, soient des cascades de trémolos dégageant une ambivalence d’épique et de tristesse (complétée par quelques synthés atmosphériques, discrets mais ayant leur importance). Une impression renforcée par les vocaux du colonel, des râles monocordes d’une froideur paradoxalement très expressive.
Of Iron And Blood alterne donc entre descentes désespérées entre exaltation (« Fields Of Elysium », très grosse entame), quelques mid-tempos (l’intro d' »Entropia », « Stare Into The Void ») ainsi que des moments de bravoure (« Requiem Of Fire » au gimmick « fire! » à scander en chœur en live), bref un album explorant un monde déshumanisé et sans espoir.
S’écoutant comme un tout indissociable, ce premier album se veut dense et très intense grâce à ce son aussi lourd qu’accessible (chaque titre possédant son riff accrocheur donnant envie d’y revenir). La mélancolie est omniprésente et couplée à une colère ravageuse, le rendu se révèle donc puissant mais aussi particulièrement poignant.
Et malgré un aspect « tête dans le guidon » manquant d’un peu de subtilité, on ne peut que s’incliner devant l’intensité dramatique dégagée par ces suédois (la conclusion cinématographique « The Silence Thereafter ») ainsi que la solidité de leur black mélodique, martial mais avec une fragilité en-dessous. Un impressionnant premier jet.
Lömsk
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