Der Weg Einer Freiheit – Der Weg Einer Freiheit

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Style: black metalAnnee de sortie: 2008Label: Autoproduction

Au chapitre des gros coups de tatane dans la fournaise assoupie des merveilles en jachère, un improbable duo venant tout juste de composter sa puberté aurait pu provoquer une secousse façon Richter. A un ou deux détails près. S’arrêter à l’aspect d’un album est parfois piégeux. Mais souvent ça suffit à brosser les contours avec une marge d’erreur raisonnable. Qu’avons-nous là ? Pochette paysagère : check. Monochromie : check. Logo réglementaire : check. Musiciens à la tronche de geek : check. Boîte à rythme : check. L’algorithme mouline trois dixièmes de seconde et affiche, le torse gonflé de certitude statistique : black metal dépressif allemand. Pas check. Contre toute attente, Der Weg einer Freiheit nous font le coup du flash-back, en ranimant brusquement le pantin inerte du black mélodique suédois du temps où les guitares balayaient la gamme comme des zébulons, sans le carcan de la base rythmique lestée au mercure ni la dictature du “chugga-chugga.” En clair le groupe aligne un chapelet d’harmonies pourléchées et de partitions ferventes tenues des seigneurs. Puisque Dawn sont enfermés en studio depuis dix ans, puisque le flambeau n’a jamais vraiment été relevé, Der Weg einer Freiheit s’y emploient avec une vista certaine. La nostalgie colle aux semelles de chaque morceau comme le vieux fond de caramel oublié dans la casserole, et plus d’une fois les mélodies tourbillonnent aux portes de l’étourdissement – le thème principal d’“Ewigkeit”, transpercé de superbes accords glacés, l’ouverture d’“Aurora”, dont le crescendo blasté se désintègre sur une simple note d’une tristesse impitoyable. Et de même d’autres instants de pure qualité, dans le contenant comme dans la moelle. Sans oublier un caractère trempé, qui ne plie pas sous les rafales de blizzard : certains passages, plus durs, renvoient au Dark Funeral de Secrets of the Black Arts. Ce qui cloche ? Peut-être une overdose de mélodies sur certains segments, qui enchaînent quatre ou cinq riffs très différents en une minute. Il n’était peut-être pas indispensable de tout caser. Mais surtout la boîte à rythme, évidemment, hélas. Aussi bien programmées soit-elles, sans excès de vitesse, les percussions synthétiques plastifient l’action de manière plus que flagrante. Les roulements aux phalanges des morceaux, notamment, ont de quoi faire braire à la lune. On peut totalement parler de gâchis, au vu de ce que l’album aurait pu être avec du sang, des muscles, et de la nuance derrière un kit. Faudrait-il le réenregistrer à l’occasion d’une éventuelle réédition sous un label ? D’ordinaire réfractaire à ce genre de démarche, je dis oui ! Car voilà bien un disque qui mérite un écrin, sinon optimal, du moins “normal.”

  1. ewigkeit
  2. spätsommer
  3. frei
  4. aurora
  5. zum abschied
  6. welk
  7. neubeginn
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Commentaire

  1. drommk says:

    excellente chro. Dense mais classe

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