Groupe italien actif depuis plus de quinze ans, Sedna connait avec ce Sila Nuna un vrai renouveau, à commencer au niveau de son line-up, fortement remanié avant son enregistrement. En effet, le chanteur/guitariste Alex Crisafulli reste le seul membre d’origine, ayant été rejoint par trois nouveaux membres issus entre autres de Stygian (black metal/crust dont je vous ai parlé il y a quelques mois).
Sila Nuna nous entraine dans un black metal atmosphérique teinté de sludge et autres éléments « post » traitant d’un thème plutôt original: la mythologie inuit. Et si l’introductif « Niruaq » et son alliance d’onde distordue et de voix claire semble augurer d’un album facile d’accès, la suite s’avère aussi tendue qu’haletante. Le groupe de Cesena dégage en effet une tension quasi permanente, provenant d’abord de ces riffs en trémolo, très purs mais qui exhalent paradoxalement un feeling très raw (« Torngarsuk ») avec des vocaux quasi screamo. Puis il y a ces passages ralentis nous faisant basculer dans leur facette sludge/doom, voire gothique (« Amarok »).
On notera aussi la structure particulière de cet album aux morceaux entrecoupés d’interludes atmosphériques, voire expérimentaux. De quoi permettre des petites pauses entre chaque déflagration. Des déflagrations s’arrêtant suite à l’impressionnante conclusion « Sedna » où apparaissent les voix de S.D. Ramirez (Psychonaut 4) et Agnese Alteri, sorte de bouquet final aux émotions enrichies par les voix multiples passant de l’angélique à la plus désespérée.
On obtient un intrigant concept-album pour ce groupe méconnu méritant d’attirer dans ses filets les fans de post-black de tout poil…
Sedna
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