Misþyrming – Með Hamri

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Style: Black MetalAnnee de sortie: 2022Label: NoEvDiA

C’est que NoEvDiA commenceraient à devenir des spécialistes du hold-up sur les tops annuels… Ils nous avaient déjà fait le coup l’an passé en sortant le 17 décembre le monstrueux Deiform de Funeral Mist, un album qui est fort logiquement venu chambouler les tops 2021. Et bis repetita, cette année avec le nouvel album des islandais de Misþyrming, ce Með Hamri (une histoire de marteau selon google trad) sorti le… 16 décembre de cette année, une fois encore après avoir été annoncé une semaine avant. J’adore décidement l’esprit de ce label (Osmose également qui fait à peu près la même chose avec les sorties de Hate Forest, dont un nouvel album sera justement paru en principe lorsque vous lirez ces lignes) qui va à contre-courant des tendances de teasing débiles que suivent la plupart des groupes.

Pour commencer la pochette claque monstrueusement vous ne trouvez pas ? Une vraie beauté, qui donne envie de se ruer sur ce nouveau disque et ce même si on n’a pas forcément toujours adhéré aux psopositions de Misþyrming. Les islandais avaient en effet clairement affiché leur volonté de ne pas faire dans la redite et de brouiller les cartes d’une sortie à l’autre. Ils l’ont tellement bien fait que j’avoue qu’ils m’avaient perdu en route sur le deuxième album Algleymi, sorti en 2019 (et que j’avais passé sous silence sur Eklektik sauf pour le mentionner dans mes déceptions de l’année), qui affichait des différences notables avec son prédécesseur (une approche plus « lumineuse » et une production bien différente), et que je continue de trouver très inférieur au précédent (le mythique Söngvar elds og óreiðu qui avait marqué l’année 2015). C’est donc fort logiquement qu’on va retrouver là aussi une nouvelle itération de l’engence islandaise, présentant une fois de plus une approche quelque peu différente.

Et donc les gaziers déboulent à 200 à l’heure le couteau entre les dents avec « Með Hamri », le morceau titre, sans intro chiante ou ouverture pompeuse. Ils nous écrasent littéralement la gueule en jouant dans la cour de Funeral Mist, proposant un BM rageur et frondeur, absolument jouissif. Le chant de D.G. est comme sur le deuxième album beaucoup plus en avant (s’il y avait une bonne chose à garder du deuxième album c’était bien celle-là), tant il est aussi phénoménal de férocité et de haine (beaucoup plus que sur le premier). On retrouvera ce pan frondeur et très Ariochien sur « Engin Miskunn » et plus loin encore « Aftaka » (avec toutefois davantage de contraste), mais entretemps imaginer que les islandais n’allaient pas s’amuser à brouiller les pistes en proposant dès le deuxième titre un registre très différent c’était mal les connaître : « Með Harmi » (Harmi hein pas Hamri, vous aurez noter la subtile différence, du mal au marteau il n’y a qu’un pas) se rapproche davantage du Misþyrming d’Algleymi, avec cette mélodie pagan/viking qu’ils allaient déjà tenté avec plus ou moins de succès sur cet album. Sauf qu’ici le succès est bel et bien au rendez-vous, ce morceau se distingue après plusieurs écoutes de l’album comme un véritable tube en puissance, la mélodie va vous rester en tête durant des jours.

Je ne vais pas faire du titre à titre, et je vous laisserai découvrir les surprises de l’album non sans mentionner quand même les trémolos infectieux de « Engin Miskunn » et ses élans épiques du feu de Diable, de même que les autres influences que j’ai pu déceler sur l’album et qui sont bien nouvelles : ces petites sonorités de synthé (ou des samples?) en arrière-plan qu’on retrouve subrepticement sur quelques titres et en particulier le monstrueux « Engin Vorkunn » qui calme habilement le jeu à mi-parcours et se montre plus atmosphérique avec également de discrets cuivres conquérants et bienvenus. Des petites sonorités qui m’ont beaucoup fait penser à du Lunar Aurora (en tendant l’oreille on peut également en déceler sur le premier titre « Með Hamri »). Encore une fois les islandais auraient pu choisir pire influence pour étoffer leur partition… Du coup je n’ai pas parlé de l’interlude guerrier « Blóðhefnd » (avec ce très beau chœur féminin, sorte de calme avant la tempête) ni du final de feu de « Aftaka »! Ah bah si, ouf.

Le cocktail détonnant du jeu de toutes ces sonorités et la variété des ambiances qui restent néanmoins toujours cohérentes font de Með Hamri un fantastique album synthèse tout simplement : aussi bon que le premier dans un registre bien différent tout en gardant l’approche plus lisible du deuxième (notamment via la voix en avant et la production plus claire). Misþyrming continuent d’apporter leur nécessaire pierre à l’édifice du BM contemporain et je suis personnellement ravi de les retrouver dans cette forme simplement olympique.

Du coup c’est pas tout ça mais je vais vous laisser parce que j’ai du ménage à faire dans mon top annuel…

Tracklist :
1.Með Hamri 06:27
2.Með Harmi 08:10
3.Engin Miskunn 08:20
4.Engin Vorkunn 07:12
5.Blóðhefnd 03:29
6.Aftaka 09:52

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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