:Of The Wand & The Moon: – The Lone Descent

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Style: NeofolkAnnee de sortie: 2011Label: Heiðrunar Myrkrunar

Il y a ce calme, comme le roulis mécanique des vagues qui revient inlassablement sur la plage. Ce cycle intemporel, qui malgré la force qu’il déploie a cette fonction apaisante cimentée à l’impression de banal miracle quotidien. Comme les vagues, les saisons se ressemblent et se suivent, on les voit glisser au loin sur les plages de temps libre vouées à être habitées comme les pièces d’une maison dans laquelle on ne cesse d’emménager.

Parfois on chasse le varech du regard à leurs surfaces coruscantes, inondées par les soleils de l’année, pour garder de leur souvenir cette pureté immaculée de carte postale. Puis un jour, la saison que l’on n’attendait pas arrive, elle suivait bien les autres, mais sa vague plus haute qu’à l’accoutumé vient nous baigner les pieds de son courant porteur nous rappelant qu’elle peut s’inviter là où on ne l’attendait pas lors d’accidents fortuits, l’exception est un désaveu de la magie ordinaire. On pourrait appeler ça le bon moment, ou simplement : ce moment.
L’écume vient s’infiltrer dans le sol poreux de nos plages, toujours un peu humides quand la marée ne menace pas. En cette fin d’année 2011 la petite surprise livrée dans son rouleau d’Automne a un parfum de Fjords et de désinvolture néofolk irisée par un Death in June matriciel. The Lone Descent a le muscle maigre et connaît l’effort, il minimalise dans son tempérament l’expérience acquise sur les chemins jonchés de feuilles mortes qu’ :Of the Wand and the Moon: parcourt depuis maintenant plus de 10 ans.

L’album a le verbe mélancolique et l’épithète opiacé quand dans ses étirements pellucides il fait sonner clairement les cordes de ses violons et violoncelles. Anne Eltard, Esben Tind, et Soma Allpass, aux archets, marient les cheminement de journées acoustiques aux rayonnements pâles, à des moments équivoques de contemplation pure comme aiguisés par des drones étincelants. Bo Rande passe parfois souffler dans le cuivre de son saxophone, alimentant d’intonations plus chaudes certaines phrases du langage de la machine. Les arrangements agissent dans cette mécanique duveteuse comme des exhausteurs de goût magnanimes, accentuant cette profondeur qui atteste du bien fondé de la production de l’album.

 

Ce ton solennel et grave est maintenu grâce à cette dialectique sobre qu’entretient Kim Larsen avec son sujet. Une justesse avec laquelle il joue, comme d’une frontière qui n’aurait plus lieu d’être. The Lone Descent a trouvé cet équilibre, entre sonorités organiques et adjuvants électroniques, dans lequel il fait cohabiter ses sentiments sans qu’à aucun moment l’un prenne le dessus sur l’autre, fragilité et puissance se combinent dans des palettes clair-obscures qui esquissent des tableaux aux images nettes d’oxymores lumineuses… On repense à l’écume, et va le vague à l’âme.

Les voix qui parcourent l’album accompagnent la marche paisible du disque, il faut dire qu’ils ont été nombreux à répondre présent à son appel. On a l’impression parfois de suivre les pérégrinations d’un Johnny Cash désabusé ou encore d’un Rodolphe Burger à l’époque de son Cheval-mouvement, le tout revu et corrigé à la sauce néofolk dont Rome a bien défendu la cause ces dernières années. Mais on a surtout, la majeure partie du temps, l’impression d’écouter un album qui fera date dans la carrière d’ :Of the Wand and the Moon:. Plus posé, osant la rondeur et les formats presque plus pop, l’album trouve dans son ancrage comme un nouveau climat à habiter, dans le rouge passion voluptueux de son été indien.

Intimiste et précieux The Lone Descent vogue tranquillement sur le fleuve noir de l’inspiration de Larsen et sous le ciel étoilé de la grande nocturne, il semblerait que le danois ait enfin trouvé un moyen de décrocher la lune. Une mise en place savoureuse.

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3 Commentaires

  1. Ennoia says:

    Je l’avais trouvé un peu chiant à première écoute mais à deuxième écoute il passe bien en fait. On est loin de l’inspiration d’un « Lucifer » ou « Emptiness… » mais il est quand même sympa.

  2. krakoukass krakoukass says:

    Merci pour la découverte, j’accroche bien à l’extrait!

  3. guim says:

    Je vois ce que tu veux dire Ennoia. Plus que de l’inspiration, moi je dirais qu’on est loin du format des anciens OTWAM, les arrangements et les titres sont beaucoup moins orientés pour habiter cette scène plus « traditionnelle » que le groupe foule depuis des années. Ça aurait pu être complètement raté mais j’aime assez le virage pris. Et puis j’aime le son du disque son côté très chaud qui contraste avec sa nature qui l’est beaucoup moins, les balance sont impec, il respire bien. Bref j’aime beaucoup le disque et bizarrement pour d’autres raisons que les anciens albums.

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