Sepultura – Quadra

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Style: MetalAnnee de sortie: 2020Label: Nuclear BlastProducteur: Jens Bogren

Difficile de parler de Sepultura encore aujourd’hui sans évoquer son passé qui lui colle à la peau, et sans parler du néo clodo Maxou qui a incarné de façon assez emblématique le groupe sur ses premiers albums, mais qui aura au final tenu le micro moins longtemps que son chanteur actuel, l’américain Derrick Green (12 ans pour Cavalera contre 21 pour Green). Pourtant, assez injustement, ce dernier reste encore aujourd’hui considéré comme une pièce rapportée par d’anciens fans restés bloqués sur Arise, Chaos AD ou Roots (rayez la mention inutile). Si ces 3 albums sont en effet des chefs d’oeuvre unanimement reconnus, les Sep’ ont finalement su rebondir et explorer de nouvelles trajectoires (qu’on y adhère ou pas) après avoir essayé en vain de refaire du Roots sur quelques albums un peu moyens (Against, Nation et Roorback en gros), alors que Cavalera tentait désespérément de refaire du Sepultura sans ses camarades. Malheureusement, et malgré les qualités réelles de beaucoup d’albums récents de Sepultura, il faut reconnaître que le Sepultura version Green n’a encore pas accouché d’un album qui pourrait être reconnu comme un classique et qui permettrait enfin de se distancer de son glorieux mais encombrant passé. Et puis il y a eu Machine Messiah, paru en 2017, album presqu’unanimement salué comme le meilleur album de l’ère Green. Et il faut bien reconnaître que l’album ne manquait pas de qualités.

Capitalisant sur ce succès, le groupe nous revient moins de 3 ans après avec Quadra. Le groupe y revendique un découpage en 4 quarts correspondants aux 4 grandes périodes du groupe (pour faire simple : 1/ Thrash – 2/Tribal – 3/Machine Messiah – 4/ Nouvelle évolution 2020). L’idée s’entend, mais le résultat est un peu plus contestable sur la forme et on aura finalement tendance à préférer écouter l’album en « shuffle » pour varier les ambiances et éviter de se manger les 3 morceaux cassage de dents à la suite (« Isolation », « Means to an End », et « Last Time »). 3 morceaux sympathiques (enfin surtout les deux premiers) mais assez basiques et peu originaux.

Cette première partie bourrine (et un peu stérile donc) passée, on retrouve la période Roots, avec un « Capital Enslavement » sympathique d’abord, puis le moyen « Ali » avant un « Raging Void » qui relève le niveau. Heureusement on va ensuite entrer dans la partie la plus intéressante du disque avec des titres dans la droite ligne de Machine Messiah, comme ce très bon « Guardians of Earth » et ses chœurs féminins qui démarrent le morceau avant que Derrick ne reprenne la main. Juste après ce titre suit le non moins excellent titre instrumental « The Pentagram » faisant écho à « Iceberg Dances  » qu’on retrouvait sur le précédent album de Sepultura et qui était déjà excellent. Arrivé à ce stade on se dit même (dommage pour Derrick) que « The Pentagram » est peut-être le meilleur titre de l’album (ce qui n’était déjà pas loin d’être le cas d' »Iceberg Dances » sur Machine Messiah). Heureusement ce sentiment est atténué par la suite, « Autem » étant tout à fait excellent, et Greene y fait merveille avec en particulier un refrain excellent qui propulse sans mal ce titre dans le top 3 des morceaux de l’album. Passé l’interlude instrumental « Quadra », sans grand intérêt, on arrive aux deux derniers morceaux de la galette, et ce sont certainement les plus ambitieux : presque symphoniques, avec un Derrick qui nous montre notamment sur « Agony of Defeat » qu’il est capable de chanter, tout en beuglant un peu quand même, mais le résultat est à la fois inédit et intéressant. Et de terminer l’album avec la participation de la chanteuse Emmily Barreto, chanteuse du groupe brésilien Far From Alaska pour un duo aussi surprenant que réussi sur « Fear, Pain, Chaos, Suffering » (tout un programme). Au final on aurait largement préféré que le groupe se concentre uniquement sur cette facette qui lui sied le mieux.

C’était déjà un peu le cas avec Machine Messiah, malgré de (très) bonnes choses l’album nous laissait une impression globale d’ennui et ne revenait que rarement sur la platine… Et le constat est un peu le même pour le cru 2020 : les très bons passages (« Means to an End » ou « Raging Void » et son excellent refrain scandé, et puis heureusement la grosse deuxième moitié de l’album) y côtoient de plus dispensables (quelques refrains un peu paresseux voire même moisis comme ceux de « Last Time » ou « Ali ») et on ne peut s’empêcher d’étouffer quelques bâillements durant l’écoute de l’album. Et comme on l’a expliqué, la structure de l’album n’est pas forcément très judicieuse à notre sens et n’aide pas à apprécier l’album dans sa globalité. On aurait préféré d’une part que le groupe mélange les approches, et surtout comme déjà dit qu’il se concentre sur son approche moderne plutôt que de renvoyer vainement à son passé.

Reste un bon album de Sepultura (encore donc), qui contient son lot de très bons moments, mais qui n’atteindra malheureusement probablement pas le statut de ses glorieux aînés… Encore un effort les gars, on n’est peut-être plus très loin!

Tracklist :
1 – Isolation
2 – Means to an End
3 – Last Time
4 – Capital Enslavement
5 – Ali
6 – Raging Void
7 – Guardians of Earth
8 – The Pentagram
9 – Autem
10 – Quadra
11 – Agony of Defeat
12 – Fear, Pain, Chaos, Suffering

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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