Moonworshipper – 13 Fullmoon Nights Of Loneliness

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Style: metal avant-gardisteAnnee de sortie: 2020Label: Hypnotic Dirge Records

Etonnant décalage entre cette cover WTF et le style autoproclamé par Moonworshipper. Quand on dit faire de l’ « ultraviolent suicidal doom metal », on aurait pu s’attendre à un artwork aux tonalités plus sombres que cette simple photo d’un gars en polo sur un fond automnal (qu’on aurait davantage vu pour un album de rock un peu arty). Mais cela a le mérite d’interpeler l’auditeur, et c’est apparemment ce que recherche cette jeune formation française qui souhaite tout autant nous perturber au niveau musical.

Car 13 Fullmoon Nights Of Loneliness n’est qu’une seule plage de vingt-quatre minutes où le groupe va alterner différents mouvements, passant d’une violence exacerbée à des moments pleins de dénuement sans transition. L’entame est donc glaciale, d’un black metal mid-tempo assez pesant qui s’emballe parfois dans quelques blasts. Puis se ramène un piano marquant une première césure pour mieux reprendre dans une optique doom désespérée avec des cris expressifs… soudain rejoints par une voix féminine pour un rendu pas très loin d’un Draconian sur ce passage.

Et les changements se poursuivent. Des notes de guitare solitaire, un peu de piano et cette voix féminine qui fait son retour dans une atmosphère de rêverie, presque jazzy, faisant penser aux phases apaisées d’un White Ward. Et Moonworshipper n’en aura pas fini de faire évoluer son morceau, faisant alterner phases agressives et moments trip-hop éthérés (avec quelques agréables relents de Portishead), terminant tout ça d’une manière un peu plus torturée.

Vous l’aurez compris, l’éventail de styles du groupe est plutôt conséquent. Il peut même paraître bordélique dans ses premières écoutes avec cette impression de collage sans réel lien, mais on retrouve tout de même un fil rouge: sa constance dans la déprime. Reste le parti pris d’avoir réalisé un seul titre-fleuve au lieu de séquencer tout ça en pistes plus courtes, j’imagine que c’est pour coller à leur concept mais cela risque d’en rebuter plus d’un (surtout que les contrastes sont larges).

Un premier chapitre (apparemment premier d’une trilogie à venir), avant-gardiste et très original, qui pose les bases d’un jeune groupe ambitieux et bien décidé de sortir des sentiers battus, et sur ce point c’est totalement gagné ! Déstabilisant, pas très évident à appréhender, je suis pourtant déjà curieux d’en entendre la suite !

  1. 13 Fullmoon Nights Of Loneliness

beunz
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