Turnstile – Glow On

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Style: Hardcore Mélodique et OuvertAnnee de sortie: 2021Label: Roadrunner

Bon c’était écrit d’avance, surtout après la claque reçue suite à la diffusion surprise il y a quelques semaines de l’EP Turnstile Love Connection chroniqué avec beaucoup d’enthousiasme (parfaitement justifié et partagé) par le camarade Beunz : le nouvel (et troisième) album à venir de Turnstile, Glow On, sorti maintenant il y a quelques jours sur Roadrunner allait encore déchirer. Comme son prédécesseur Time & Space qui était clairement un des meilleurs albums de l’année 2019.

On se demandait par contre si les américains allaient inclure les fantastiques morceaux qui figuraient sur cet EP surprise… C’est bien le cas, et HEUREUSEMENT (même s’il faut s’habituer à ce que les morceaux de l’EP ne soient plus enchaînés dans l’ordre auquel on les a assimilés), tant on aurait regretté de ne pas avoir la possibilité de s’enfiler les « T.L.C. », « Mystery », « Holiday » et « No Surprise » (ah bah tiens j’ai cité tous les titres) via un support physique digne de ce nom. Et quand on prend le risque de « gaspiller » comme ça 4 cartouches de cette qualité avant de sortir un nouvel album reprenant ces titres, on a intérêt à avoir d’autres arguments de poids à mettre en avant pour ne pas risquer de causer une déception avec un album bancal centré sur les tubes de l’EP diffusé en avance de phase.

Si vous avez depuis écouté les autres singles diffusés avant la sortie de l’album (ou même l’album entier désormais), comme « Blackout » (titre Turnstilien par excellence et sur lequel on reconnaît immédiatement le groupe) ou le plus original « Alien Love Call », vous savez déjà qu’il n’en sera rien et que de déception il ne sera pas question ici.

Comme on l’espérait et à l’image des 4 titres déjà présents sur l’EP (comme on peut aussi le supposer en voyant la pochette de l’album qui ne ressemble pas vraiment à celle d’un album de hardcore « standard »), le groupe est toujours aussi « ouvert », proposant encore un hardcore mélodique agrémenté de multiples influences improbables que ce soit via la présence de Devonté Hynes, autrement connu sous le pseudo de Blood Orange (un artiste habitué lui-même à bousculer les codes et à ne pas s’imposer de limites), sur deux titres et en particulier sur la balade très 80’s « Alien Love Call » qui dénote de prime abord mais est au final parfaitement réussie, les rythmiques dansantes de « Don’t Play » superposées aux riffs caractéristiques du groupe, morceau enchaîné avec un « Underwater Boi » pop/funky improbable mais là aussi réussi. Ces ouvertures cohabitent et s’enchaînent sans que jamais cela choque avec des titres frondeurs et directs comme « Humanoid/Shake It Up » qui contient quand même des synthés étranges (comme l’ouverture de « T.L.C. »), ou « Wild Wrld » qui serait presque un titre hardcore standard sans ces cowbells (que l’on retrouve sur de nombreux titres pour notre plus grand plaisir) que le batteur frappe sur les couplets.

Cette inventivité, de même que ce parti-pris de casser les codes et de s’autoriser absolument tout sont les éléments qui font tout l’attrait et disons-le clairement, le génie de Turnstile et qui le rapprochent dans l’esprit d’un groupe comme Faith No More. Evidemment Brendan Yates n’a pas le talent vocal de son aîné Mike Patton, mais son timbre fonctionne parfaitement pour le registre chanté/gueulé qui est le sien (sachant que son registre chanté tendrait à prendre peu à peu l’ascendant sur l’autre), d’autant qu’il sait aussi se mettre en retrait pour laisser d’autres occuper le devant de la scène vocale : Blood Orange donc mais aussi Franz Lyons le bassiste du groupe, à qui l’on doit le génial (et trop court!!) « No Surprise » (comme on lui devait déjà l’excellent « Moon » sur le précédent album) et qui vient aussi (sauf erreur) seconder Brendan sur « Endless ». On signe tout de suite pour avoir encore plus de temps et de morceaux chantés par Franz à l’avenir tant son timbre est un ravissement qui va à fond dans le sens de l’ouverture revendiquée par Turnstile.

En un peu moins de 35 minutes, Turnstile explore montre un maximum de facettes différentes parfaitement assimilées, tout en sonnant toujours comme du Turnstile, ce qui n’est pas un mince exploit. Comme le disait Hannibal, « j’adore quand un plan se déroule sans accroc » : Glow On est bel et bien le formidable album que l’on attendait de ce groupe non moins formidable, meilleur représentant actuel de la nouvelle scène hardcore.

Tracklist :
01 – Mystery
02 – Blackout
03 – Don’t Play
04 – Underwater Boi
05 – Holiday
06 – Humanoid / Shake it Up
07 – Endless
08 – Fly Again
09 – Alien Love Call (feat. Blood Orange)
10 – Wild Wrld
11 – Dance-Off
12 – New Heart Design
13 – T.L.C. (Turnstile Love Connection)
14 – No Surprise
15 – Lonely Dezires (feat. Blood Orange)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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