En matière de carrière fulgurante, les anglais de Static Dress se posent là en sacrés numéros ! Ayant ouvert pour de nombreux gros groupes comme Bring Me The Horizon ou Knocked Loose et ayant sorti de très nombreux produits dérivés tels un jeu vidéo ou même une BD, l’ascension de ce jeune quartet ressemble à une success story.
Une histoire qui devrait se prolonger encore un moment avec cet Injury Episode, second album (après Rouge Carpet Disaster – 2022) qui condense une fois de plus en son sein tout plein de genres ayant eu la cote au début des années 2000. Et en plus le groupe nous ramène au temps de la gravure de CD (ou téléchargement sur la Mule) de l’époque en ne nommant pas ses morceaux (sauf trois), d’où les titres « Track + le numéro de piste ».
Quelque part entre rock alternatif, emo, néo metal et éléments plus énervés, Injury Episode pioche des ingrédients un peu partout et vient les moderniser sans les dénaturer. Mené par un très convaincant Olli Appleyard, le groupe évoque tour à tour Glassjaw (« Track 08 »), My Chemical Romance (le plutôt doux « …hospice »), les débuts de The Used (quand il s’énerve) voire Bring Me The Horizon, possédant un apparent charisme au service d’un son très varié (on passe du gentil au vrai néo à l’ancienne « Track 09 », bien agressif).
Invitant même Underoath le temps de « Nostalgia Kills » (autre titre donnant du côté du hardcore plus méchant), Static Dress vient caresser dans le sens du poil les emomêcheux d’antan qui pullulaient à l’époque sur Myspace. Parvenant à sonner plus authentique que beaucoup de groupes appelés « mall emo » – zone qu’emprunte finalement assez peu (sauf sur la ballade « Track 12 » ou la conclusion un brin mollassonne « Track 15 ») au profit d’une approche plus franche – Static Dress ose même les moments screamo/white belt s’intégrant très bien (« Track 11 », particulièrement ravageur entre ses cris et ses arrangements chaotiques).
Static Dress apparait au final ici dans une optique très ouverte, légèrement casse-gueule mais en même temps très maîtrisée. Trouvant le moyen d’éviter le fan service emo trop facile en allant explosant régulièrement dans des eaux beaucoup plus tempétueuses que la moyenne du genre, on obtient alors une revisite, certes un brin confuse mais plutôt efficace, de cette période bénie pour les vendeurs de Babyliss.
Static Dress
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