Machukha – Mochari

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Style: post black metalAnnee de sortie: 2024Label: Consouling Sounds Records

Si vous vouliez une image de la douleur, la cover de Mochari, premier album de Machukha (« belle-mère ») devrait vous donner quelques picotements. Basé à Berlin mais mené par une vocaliste d’origine ukrainienne, Natalya, qui chante uniquement dans sa langue natale, il y a de quoi forcément avoir un certain retentissement dans sa musique en comparaison avec la difficile actualité de son pays d’origine.

Car ce nouvel album, dans son amalgame de post-black metal et de punk hardcore dans sa version la plus noire, illustre complètement cette douleur. Ces cris perçants (qui font bien sursauter dès l’entame de « Trymatys' »), parlant entre autre de deuil voire de torture, se voient accompagnés de lignes de trémolos dans la droite lignée d’un Deafheaven des débuts ou d’un Agriculture version harsh, soient des déferlantes de nerfs à vifs mais mettant assez d’émotions dans ce parfum d’agonie.

Puis Machukha ne s’en contente pas, appréciant ralentir du côté d’un post metal torturé (« Dykhay ») ne faisant pas retomber la tension (enfin si, un peu sur la fin) ou encore sur l’éprouvant  » Inodi padaye snih tak lahidno kriz sosnovu khvoyu » où le minimalisme ambiant devient terrifiant tant la chanteuse semble souffrir de tout son être (les textes abordant sa résilience face aux horreurs qu’elle a vécues).

Un nouvel album très cru, à l’interprétation saisissante de sa vocaliste qui, complétée par un groupe au diapason, viennent créer un impalpable malaise. Oui, cet album fait profondément mal.

  1. Trymatys’
  2. Dykhay
  3. Bezpliddya
  4. Inodi padaye snih tak lahidno kriz sosnovu khvoyu
  5. Tsyu tayemnytsyu duzhe vazhko berehty
  6. Kvit
  7. Nezrushnist’

beunz
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2 Commentaires

  1. Pingouins says:

    Je découvre tout juste suite à une recommandation (j’avais raté ta chronique), je trouve ça vraiment bien foutu, j’aime beaucoup le son assez raw finalement, DIY, qui rajoute à la sincérité de l’ensemble, et il y a un côté très immersif, on sent vraiment fort qu’il y a du vécu derrière.
    Sur « Inodi padaye snih tak lahidno kriz sosnovu khvoyu », l’ambiance m’a évoqué Lingua Ignota, en moins lyrique.
    Une très très bonne surprise d’un point de vue musical, probablement beaucoup moins du côté des tranches de vie que ce disque raconte.

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