Malgré son nombre astronomique de sorties, Submermus n’est que le cinquième véritable album de Hell. M.S.W, sa tête pensante, avait déjà mis fin à trois ans de silence (c’est beaucoup pour lui !) il y a quelques mois avec un split en compagnie de son grand pote Mizmor (Alluvion), mais c’est cette fois avec un long-format qu’il revient en solo (le dernier éponyme remontant à huit ans déjà).
Notre gaillard n’a pas trouvé la lumière ni la joie de vivre entretemps, tout n’est ici qu’oppression nous entrainant comme à son habitude dans une mixture poisseuse de doom, sludge et autres graisses putréfiées à la sauce drone. Dès « Hevy », on plonge directement dans ce gouffre sans fond mais aux parois vibrantes sous ces riffs au grain particulier, menaçant mais avec une basse version ferraille avant un final gagnant en poids.
Appréciant toujours autant les titres fleuves – avec seulement « Factum », titre plus « court » de presque cinq minutes sonnant comme un interlude instrumental où des notes durent tandis qu’un son irritant dans le décor maintient le malaise – et oppressants, Hell prend son temps pour délivrer des ambiances opaques mais qui possèdent ces incursions drone arrivant notamment sur « Gravis », passages où l’on semble pourtant paradoxalement gagner en clarté. Une clarté toute relative bien entendu puisque les grésillements ont la part belle, complétés par les vocaux ravagés de M.S.W. (« Mortem », titre faisant une jonction crasseuse entre doom et punk).
Un retour aux affaires conservant l’esprit originel du projet, soit une mise en condition auditive de l’état du reste de votre corps durant ces périodes de canicule, suintant et poisseux, avant un bain brûlant dans une bouillasse bien luisante. Bonne baignade de l’enfer !
- Hevy
- Gravis
- Factum
- Mortem
- Bog
Hell
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