Projet solo basé à Rouen, Crachin est le bébé d’un certain Hugo Drouet, jouant aussi chez Spleen XXX (cold goth post-punk). Et comme l’illustre le nom de son autre groupe, le pessimisme apparait bien en commun sur ses deux projets.
Tour de Silence nous plonge en effet dès « I. » dans un univers très froid avec un post-rock (en trois actes) où la guitare aux notes fragiles est agrémentée d’atmosphères plus graves que la plupart des groupes du genre. Via des synthés, des bruitages (quelques voix imperceptibles, une sirène de police) et un violon appuyant sur l’aspect dramatique, l’ambiance demeure moribonde et semble trouver une échappatoire via son final un peu plus lumineux.
Mais « II. » nous replonge dans le spleen entre ses notes hypnotiques contrastées de quelques trémolos avant que les vocaux issus d’enregistrements de propagande (visant à envoyer des jeunes au front) ne vienne ternir un peu plus l’ambiance et affirmer le caractère engagé du post-rock de Crachin.
Enfin « III. » viendra conclure cet EP avec le même type d’ondes contemplatives emplies de désespoir (avec une sorte de complainte vocale) que l’on trouve chez Godspeed You! Black Emperor (influence majeure du projet) contrebalancées par une fragilité sous l’épaisse grisaille. Là encore, le morceau est entrecoupé de sons provenant d’enregistrements tandis que les notes les accompagnant semblent se désaccorder.
Une conclusion à l’image du reste de cet album: une mélancolie profonde couplée à une inquiétude permanente, notamment par sa thématique antimilitariste qui vient (involontairement) coller à l’actualité. Et même si au final on ne l’entend pas (le crachin), l’effet créé en est très proche à côté des images de désolation évoquées ici. Saisissant.
Crachin
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