On le devine rien qu’à leur patronyme et en effet, à l’instar de Mars Red Sky (sur le label duquel ils sont d’ailleurs « hébergés »), les parisiens de Red Sun Atacama œuvrent dans le stoner mais avec une touche de punk qui les distingue quelque peu (une petite touche notamment dans l’énergie et l’urgence qui se dégage de certaines compos comme sur l’excellent « Commotions »). Et clairement ils ne sont pas là pour faire de la figuration tant ce Summerchild, 3ème album du combo, tient la dragée haute aux pointures du stoner et se révèle tout simplement irrésistible durant les 40 minutes que dure le disque.
Tantôt frondeurs (« Conveyor » ou le démarrage monstrueux de « Commotions » sont de bons exemples) ou plus contemplatifs (le début de « Weightless ») les parisiens ne sont jamais chiants (écueil auquel on est souvent confronté avec certains groupes de stoner qui aiment tripper/jammer durant de nombreuses minutes et en tout cas plus que de raison) et savent ménager leurs effets sans abuser de la pédale fuzz. Mais quand ça fuzze, ça fuzze bien et c’est même assez jouissif. C’est parfois assez rock n’ roll comme sur le morceau titre, et le groupe n’est pas avare également de quelques passages bluesy qui d’ordinaire ne seraient pas du tout ma tasse de thé, mais qui finalement sont très bien intégrés et ont le bon goût de ne pas être trop nombreux (cf le break de « Passenger » ou « Ragdoll » par exemple, avec des passage qui interviennent souvent un rebond bien nerveux qui vient parfaitement apporter le contre-coup nécessaire à cette petite parenthèse).
Si l’on pouvait être en revanche un peu circonspect s’agissant du timbre particulier, un peu aigu, du chanteur/bassiste Clem, au démarrage de l’album sur « Passenger », on s’y fait rapidement et on en vient rapidement à considérer cette voix, comme LA voix nécessaire pour le groupe. Même le morceau de conclusion « Sundown » qui fait justement la part belle au chant de Clem sur une ambiance très « atour du feu dans le désert » s’avère une chouette façon de cloturer l’album. A noter que même si son chant reste majoritairement clair, on a droit parfois à quelques rares cris (sont-ils à mettre au crédit d’un autre membre du groupe d’ailleurs? Ce n’est pas impossible) comme sur la fin rageuse de « Passenger ».
Toutes ces caractéristiques qui sont autant de qualités aboutissent à un album de 40 minutes, bien équilibré, ni trop court ni trop long, et qu’on prend plaisir à écouter et réécouter. Le rédacteur de cette chronique étant habituellement peu friand de stoner, j’espère que cela donnera envie aux fans du genre mais aussi aux autres de se frotter à cet excellent Summerchild.
Tracklist :
01 – Passenger
02 – Conveyor
03 – Weightless
04 – Commotions
05 – Graze the Sun
06 – Summerchild
07 – Ragdoll
08 – Sundown
Red Sun Atacama
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