Fotocrime – Heart Of Crime

1 Commentaire      127
Style: post-punkAnnee de sortie: 2021Label: Profound Lore RecordsProducteur: Ryan Patterson

Autrefois leader des énervés Coliseum, le multi-casquettes Ryan Patterson (chanteur, songwriter, multi-instrumentiste et producteur, sans compter sa riche œuvre graphique) s’est calmé niveau décibels pour aller du côté de ce qu’il nomme « le romantisme électrique du Sud ». Une appellation que le natif de Louisville (Kentucky) enrichit des multiples influences qu’il accole à Fotocrime: « Dans mon esprit, Fotocrime est un point de rencontre entre l’Europe de la Guerre Froide et l’Americana du milieu du siècle. DAF rencontre Roy Orbison, Portishead rencontre Ricky Nelson. Raymond Chandler et Paul Bowles vont voir un double film de Douglas Sirk et Carol Reed ». Une optique ambitieuse pour ce Heart Of Crime, un troisième album enregistré, comme de nombreux autres, durant le confinement de 2020 et laissant logiquement affirmer beaucoup plus de lui-même que d’habitude (surtout qu’il a lui-même signé l’enregistrement et le mix).

Heart Of Crime se situe une nouvelle fois à la croisée des genres: post-punk, goth, coldwave mais aussi EBM (le morceau-titre en étant une parfaite synthèse). Patterson nous balade donc au gré de ses errances entre une pause à l' »Electric Café » (froid mais entêtant) et une envoûtante visite de « Crystal Caves » (où l’on trouvera pour une première fois la voix aussi sensuelle qu’éthérée de Janet Morgan, qui refera une apparition pendant l’excellente conclusion « Skinned Alive »).

Et si la voix de sa tête pensante peut sonner monocorde et dépressive, il n’en est pas de même pour de ses compositions qui alternent entre sonorités frénétiques des années 80’s (logiquement martiales pour « Politi Policia Polizei », plus rock pour « Zoë Rising » au surprenant complément de saxo), atmosphères quasi cinématographiques (l’excellent « Inferno Rebels », l’ambiance western du début de « Learn To Love The Lash ») voire métallico-industrielles (« Industry Pig » aux agréables relents de vieux Nine Inch Nails). Bref, en dépit de la noirceur du propos, il n’y a pas de quoi s’ennuyer sur ce Heart Of Crime.

Se comparant à un « Leonard Cohen du post-punk », Fotocrime livre ici un nouvel album très varié et ouvert tout en signifiant paradoxalement la tendance à l’isolation de son géniteur. Une passionnante plongée dans un univers nocturne des 80’s éclairé par quelques spots d’une discothèque mal famée.

  1. Heart Of Crime
  2. Electric Café
  3. So So Low
  4. Delicate Prey
  5. Crystal Caves
  6. Politi Policia Polizei
  7. Industry Pig
  8. Zoë Rising
  9. Inferno Rebels
  10. Learn To Love The Lash
  11. Skinned Alive

beunz
Up Next

Groupes cités dans la chronique

Commentaire

  1. RBD says:

    Remarqué dès le début, Fotocrime n’a ni dévié ni déçu depuis avec son Post-Punk sous les influences de la musique Américaine et d’une certaine littérature. Je suis persuadé qu’avec un jeu et une écriture moins réservés il séduirait encore plus de monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *