Artificial Silence est un petit groupe de Metal Prog américain, trio originaire de l’État de Washington, qui avait sorti un premier album, Negative Space, il y a 8 ans. Il était passé largement sous les radars à l’époque, et je ne découvre le groupe qu’avec ce deuxième album, Hollow Drift. Et ce disque confirme le statut du groupe comme l’un des espoirs les plus intéressants du genre.
Pour les fans de Native Construct ou Haken, on est clairement dans la bonne cour : un Rock/Metal progressif moderne, technique sans être démonstratif, et surtout très porté sur l’émotion. Le groupe (guitare/basse/batterie, mais il y a aussi beaucoup de piano et claviers) s’appuie sur un songwriting riche, des harmonies vocales partagées entre les musiciens et un sens de la dynamique très marqué. L’album s’ouvre sur des mélodies piano avant de déployer des arrangements de plus en plus complexes, passant sans cesse d’une mélancolie introspective à des passages d’un optimisme presque lumineux.
C’est d’ailleurs ce contraste qui marque le plus l’écoute. Le groupe se permet des explosions de joie assez inattendues qui détonnent parfois avec l’atmosphère générale de l’album. C’est le même effet que j’avais eu avec le dernier album de Moron Police : j’aime énormément leur musique, mais certains passages me laissent un peu froid, comme s’ils étaient un poil forcés. On sent le groupe qui veut tout explorer : il y a des moments qui partent dans tous les sens, presque à la Between the Buried and Me (mais en moins maîtrisé et sans le côté Death/Metalcore), avec même des touches cabaret/polka qui rappellent Diablo Swing Orchestra.
Pourtant, c’est précisément cette profusion d’idées qui rend le groupe attachant. Artificial Silence a énormément de cordes à son arc, et cette curiosité permanente est contagieuse. On ne s’ennuie jamais, même si la cohésion n’est pas toujours parfaite.
La structure de l’album est elle-même assez singulière : trois morceaux relativement courts (3 à 5 minutes), une interlude vocale, puis un titre de 10 minutes (« Tidal Lock », le meilleur morceau à mon avis) suivi de l’épopée finale de 24 minutes qui donne son nom à l’album. Ce dernier morceau est clairement une pièce épique, bourrée d’idées et de rebondissements. Malheureusement, sa longueur finit par jouer contre lui : on finit par perdre un peu le fil. Il aurait sans doute gagné à être découpé en plusieurs mouvements clairement identifiés, d’autant que la narration semble déjà le concevoir ainsi.
Malgré ces petits bémols, Hollow Drift reste une très belle réussite et un beau pas en avant pour le groupe. Il consolide l’univers d’Artificial Silence : un progressif symphonique et organique à la fois, porté par un vrai songwriting et une identité forte.
Artificial Silence
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