Playlist mi-2026 Progression

Playlist mi-2026 Progression

jonben
jonben
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19 juillet 2026
il y a 2 mois
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Une playlist pour cet été 2026: des atmosphères expansives et de longs arcs mélodiques qui ouvrent l’espace, laissent respirer les structures progressives et privilégient la charge émotionnelle sur la pure densification.
Playlist mi-2026 Progression

Mi-juillet 2026 et l’année est déjà bien chargée au niveau des sorties musicales. Plutot que de tout mélanger, j’ai choisi, comme il y a 2 ans, de construire trois playlists consacrées à mes meilleurs morceaux de la demi année qui vientd e s’écouler.

Faire cohabiter les morceaux de ces 3 playlists aurait été un peu poussif.

L’une exigeait du sang, de la précision et de la dissonance.
L’autre voulait de l’espace, de l’air et de longs arcs mélodiques.
La troisième tirait vers le groove, le toucher et le feeling.

La première moitié de 2026 s’impose comme une mine d’or pour les musiques qui refusent de rentrer dans des cases bien définies. Les musiques lourdes mutent, les structures progressives gagnent en charge émotionnelle et la musique instrumentale continue de se tailler une place massive dans le paysage actuel.

Ces trois playlists — Dissonnance, Progression et Groove — forment donc moins un classement qu’un triptyque sonique qui décalque les gouts musicaux de l’auteur de ces lignes. Trois filtres pour traverser les six premiers mois de l’année. Trois manières différentes d’aborder l’intensité musicale.

Dissonnance, pour la confrontation. https://www.eklektik-rock.com/2026/07/playlist-mi-2026-dissonance/
Progression, pour l’espace. https://www.eklektik-rock.com/2026/07/playlist-mi-2026-progression/
Groove, pour le mouvement. https://www.eklektik-rock.com/2026/07/playlist-mi-2026-groove/

II. Progression : ouvrir l’espace

L’ambiance : metal progressif, grandeur post-rock, math rock et contours alternatifs, où la mélodie, la gestion de l’espace et une production plus claire règnent en maîtres.

Si Dissonnance était une playlist pour le corps en mouvement, Progression est le corps qui essaie de se souvenir de ce que cela fait de respirer.

Le terme « Progression » ne signifie pas ici calme, doux ou inoffensif. Il désigne une autre manière de construire l’intensité : avec des mélodies plus lisibles, des arrangements plus amples, des respirations et un rapport différent à la production.

Il y a toujours des dents. Mais la musique laisse davantage d’air autour d’elles.

Moon Tooth lance la sélection avec PUSH, un morceau d’un EP BASTARD 4 titres. Le groupe conserve son énergie brute et ses angles étranges, tout en laissant davantage de place à un chant qui cherche à communiquer plutôt qu’à simplement hurler dans le vide.

Elder, avec Through Zero, poursuit dans une direction plus patiente et psychédélique sur le titre phare de son nouvel album qui je pense fait l’unanimité. Près de neuf minutes de prog qui semblent avoir le droit d’exister sans devoir justifier leur durée toutes les trente secondes.

C’est peut-être l’un des grands plaisirs de cette playlist : entendre des morceaux prendre leur temps.

Le cœur progressif

Abloom de Our Oceans installe une tonalité plus introspective. Les guitares restent centrales, mais elles servent surtout la couleur, la profondeur et le mouvement émotionnel.

Le cœur de la playlist se situe quelque part entre Reanimation de Karnivool, avec Guthrie Govan, et in a fever dream de Haken.

Ce nouvel album de Karnivool reste mon album de l’année 2026 et il aura peu de chances d’etre détrôné, le groupe australien aura sorti l’album de Rock que j’attendais depuis longtemps. L’association entre Karnivool et du guitariste virtuose Guthrie Govan relève presque du fantasme pour tout amateur de prog moderne. Le morceau repose autant sur la tension atmosphérique que sur la libération mélodique. Govan n’y intervient pas comme un simple invité chargé de placer un solo spectaculaire, mais comme une voix supplémentaire dans une architecture déjà complexe.

Haken, de son côté, continue de faire ce qu’il sait faire de mieux : construire des morceaux ambitieux, riches en changements de direction, mais suffisamment mélodiques pour ne jamais se réduire à une démonstration. Le groupe a perdu un guitariste et son bassiste, et revient avec un EP pour semble-t-il déterminer une nouvelle voie, qui si elle comporte moins de « Metal » puriste (on comprend pourquoi Charlie Griffith a préféré quitter le navire pour fonder un groupe aux influences plus Thrash/Heavy), me touche toujours autant.

Le retour de Textures avec Walls Of The Groove comble également un vide important. Le groupe retrouve cette signature particulière faite de grooves polyrythmiques, de lourdeur moderne et de refrains aériens. Dommage cependant que tout l’album ne soit pas au niveau de ce morceau final.

Des architectures sonores

Karmanjakah, sur Eyes seeing eyes, développe une approche aérienne fondée sur les textures et les superpositions. Je trouvais le groupe de djent suédois un peu suiveur précédemment mais ce nouvel album m’a définitivement comblé.

Lattermath, avec Ember, poursuit cette logique, ça annonce du très bon pour le nouvel album, tandis qu’Impure Wilhelmina apporte une gravité plus sombre avec Électricité noire, et toujours cette patte unique, ici seulement sublimée par le chant passé en Français.

The Ocean, avec Light Pollution, construit plus de neuf minutes de post-metal qui restent cinématographiques plutôt que complaisantes. Le groupe continue d’exceller dans l’art de transformer une chanson en trajectoire, avec ses vagues successives, ses tensions et ses changements de perspective. Malgré un changement intégral des musiciens qui entours Robin Staps, le groupe garde intact sa capacité à faire voyager. Le dernier album était très bon, et j’attend donc le nouveau avec impatience.

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu de musique de A Perfect Circle, et ce single Starless apporte une forme de rock alternatif plus contenue, élégante et sombre. Du pur APC. La chanson s’inscrit dans une sélection où la retenue peut produire autant d’intensité que la saturation.

Delta Sleep, avec UNREAD, injecte une énergie math rock plus agile et mélodique. Strata, Saosin et Quicksand** déplacent ensuite la playlist vers le post-hardcore et le rock alternatif. Ça fait du bien de retrouver ces vétérans revenir avec des morceaux de qualité qui rappellent que les frontières entre rock progressif, emo, post-hardcore et math rock sont aujourd’hui moins pertinentes que les sensations produites.

La tache nécessaire

Le morceau qui surprend le plus ici est probablement Deep Blue de Chat Pile. Sur le papier, il ne devrait pas forcément trouver sa place dans une playlist intitulée Progression. Le groupe est habituellement beaucoup plus sale, oppressant et dérangeant. Mais c’est précisément pour cela que le morceau fonctionne.
Il agit comme une soupape de décompression, une tache sombre au milieu des productions plus aérées. Il rappelle que les musiques les plus « claires » ont parfois besoin d’un moment réellement laid pour rester honnêtes.

Ok Goodnight et Artificial Silence, avec Top of the Bottom et Tidal Lock, ferment cette partie sur une synthèse convaincante : une musique techniquement ambitieuse, émotionnellement présente et prête à prendre son temps. Le Rock/Metal Progressif de 2026.

Cette playlist ressemble à la version de 2026 dans laquelle j’ai envie de croire : virtuose sans être froide, mélodique sans être mièvre, complexe sans oublier de respirer.

Playlist Progression

  • Moon Tooth – PUSH
  • Elder – Through Zero
  • Our Oceans – Abloom
  • Karnivool, Guthrie Govan – Reanimation (feat. Guthrie Govan)
  • Textures – Walls Of The Soul
  • Karmanjakah – Eyes seeing eyes
  • Lattermath – Ember
  • Impure Wilhelmina – Électricité noire
  • The Ocean – Light Pollution
  • A Perfect Circle – Starless
  • Haken – in a fever dream
  • Delta Sleep – UNREAD
  • Strata – Soar
  • Saosin – Starting Over Again
  • Quicksand – Crystallize
  • Chat Pile – Deep Blue
  • Ok Goodnight – Top of the Bottom
  • Artificial Silence – Tidal Lock
  • Mastodon – Your Ghost Again
  • Protest The Hero – Mouthpiece
  • Advocacy – Traitor
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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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