Cinq ans après Deceiver, Khemmis revient avec un cinquième album éponyme, sorti le 12 juin 2026 chez Nuclear Blast. Un disque qui arrive à un moment charnière pour le quatuor, entre fidélité à ses racines doom et volonté claire d’évolution.
Formé à Denver, Colorado, Khemmis s’est imposé depuis Absolution (2015) et surtout Hunted (2016) comme l’un des fleurons de la nouvelle scène doom metal américaine. Leur mélange de doom épique, de stoner/sludge et de heavy metal traditionnel avait conquis de nombreux amateurs du genre. Avec cet album auto-intitulé, le groupe semble vouloir à la fois revenir aux sources tout en élargissant encore son horizon.
Musicalement, le doom est toujours présent, mais nettement plus tempéré. Les longues épopées de 12-15 minutes ont disparu au profit de formats plus resserrés (seule une piste dépasse les 6 minutes). Le heavy metal classique et les influences death metal (voire black par moments) prennent davantage de place, avec des gros refrains accrocheurs et une production plus directe. On sent aussi un rapprochement avec la patte Pallbearer : plus mélodique, plus aérien par instants, tout en conservant cette lourdeur caractéristique.
Les points forts ne manquent pas. L’ouverture « Invocation of the Dreamer » est excellente, passant avec fluidité du black metal agressif au doom classique. « Beneath the Scythe » et « Carrion King » figurent parmi les moments les plus marquants de l’album, le premier par son mariage parfait entre doom épique et heavy metal trve, le second par ses transitions brutales et son côté écrasant. Le final « Benediction Tones » est lui aussi très réussi.
Cependant, l’album souffre d’une certaine uniformité. À la première écoute, les morceaux ont tendance à se fondre les uns dans les autres, avec un tempo majoritairement mid-tempo qui peut donner une sensation de redondance. Certains choix stylistiques, comme le refrain un peu trop AOR / power metal de « Gilded Chambers », risquent de surprendre (voire de faire grincer des dents) les fans de la première heure.
En résumé, Khemmis n’atteint pas les sommets d’Hunted, souvent considéré comme leur chef-d’œuvre, mais il représente une évolution intéressante et une sorte de « reset » créatif bienvenu. Le groupe ne renie pas ses racines doom, tout en s’ouvrant à un son plus accessible et arena-friendly. Le songwriting reste solide, les performances vocales inspirées, et la section rythmique/guitares délivre de très bons riffs.
Un bon album, sans être indispensable, qui devrait plaire à ceux qui suivent le groupe depuis ses débuts tout en attirant un public plus large amateur de heavy/doom mélodique.
Khemmis
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