Trio barcelonais composé de membres de A Tomba Oberta et Lords Of Bukkake, Bocc multiplie les sorties, notamment sur splits et EPs, ces derniers ayant d’ailleurs été compilés l’an dernier (Obrint el taüt: The EP Compilation). Pour son second long-format intitulé Demolarium, Bocc nous emmène avec lui dans un voyage plein de gras et de crasse. Douche non incluse.
Infusant en effet son sludge/doom autant dans le death putride que dans le crust/punk (forcément cru et sale lui aussi), le trio catalan opte pour une rythmique au buzz grassouillet tandis que les vocaux oscillent entre raclements de vieille morve et éructations morbides (le tout à propos de folklore et histoire locale, chantée en catalan pour mieux s’en imprégner). Essentiellement constitués de grooves lents et oppressants mais qui savent parfois accélérer un peu (« Escorxador », « 4227 » ou bien plus franchement « Cavalri (Del Condemnats) », leur titre le plus punk), le tableau macabre dessiné par les trois compères se distingue surtout par son caractère direct et caustique, sans effet de production mais comme tiré d’une session live embrumée (à tous les niveaux).
De Grief à Fistula en passant par Eyehategod ou Coffins, autant de noms chatoyants auxquels Bocc se raccroche, trouvant là la faculté à nous hypnotiser malgré l’aspect repoussant de ce qu’il propose. Glauque, organique, suintant, tout ce qu’il faut pour affronter une nouvelle canicule dans une morgue abandonnée.
Bocc
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