Fans de crust/d-beat, réjouissez-vous car les légendes sont de retour ! Fondé en 1984, Totalitär, quartet suédois père fondateur du genre et influence majeure pour la majorité de formations de ce créneau, aura connu plusieurs périodes faites de hiatus et de reformations avant la dernière en date en 2006. Pourtant, si le groupe a sorti son dernier album en 2007 (Vi är eliten), s’en est suivie une longue période silencieuse, seulement brisée par deux compilations sorties en 2020 et 2023. Et plus de quarante ans après leurs débuts (avec très peu de mouvements de line-up durant leur longue carrière), le voici comme sorti de nulle part, ce (seulement) quatrième album !
Leur recette est comme à leurs débuts: punch, rapidité et agression sur fond contestataire (leur première mouture s’appelait Antisystem, rappelons-le). Malgré le poids des années, rien n’a changé, les convictions politiques sont plus que jamais intactes et la puissance dégagée est telle celle de leurs vertes années (la cover étant plus que parlante).
Sur la forme, leur crust/d-beat n’invente absolument rien, du poum-tchack ultra énervé mais contrasté par des harmonies et mélodies sur de nombreux refrains, avec même un pendant plus rock’n’roll pour certains (« Stolta Barbarer », très Motörheadien dans l’âme) rendant chaque titre très accrocheur malgré leur radicalité, les rapprochant de la mouvance « néo crust » (moins primitif qu’auparavant dirons-nous).
La planète brûle au sens propre comme au figuré, de quoi redonner de l’inspiration et faire sortir Totalitär de son inactivité. Un modèle d’efficacité et d’intensité pour un retour plus de vingt ans après frais comme des gardons: les cheveux ont blanchi ou sont tombés, les rides sont apparues mais la révolte est intacte.
Totalitär
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