Quatre ans après le détonnant Ajna, les équatoriens de Minipony font leur comeback, bien décidés à remettre le bordel à base de riffs syncopés et d’atmosphères anxiogènes. Et si cette fois le trio n’a pas été enregistré par Joe Duplantier, le lien avec Gojira est toujours là puisque l’on retrouve Jamie Uertz (responsable du son de Magma, mais ayant aussi bossé avec Car Bomb et Rise Of The Northstar) au mix.
Un son forcément très impactant qui va être l’un des éléments prédominants de ce Detach. Après une courte intro dispensable (« OM »), on peut se rendre compte du poids de ces riffs d’obédience djent mais échappant à toute prévisibilité. Le trio mené par la toujours très charismatique Emilia Moncayo (capable de hurlements rauques comme d’incartades empreintes de folie, comme sur « HOPE ») appuie son statut d’électron libre cherchant à se défaire de toute linéarité via de nombreux chemins de traverse.
Une complexité née de nombreuses cassures rythmiques parsemant ces six… pardon quatre nouveaux titres (en plus de l’intro, « OW » étant un interlude) et de répétitions autour desquelles la chanteuse livre une prestation déstabilisante. Sur « PACHANGA » par exemple où elle semble possédée entre ses chuchotements, gémissements et cris malsains, ou bien avec « INNER DANCE », ultime curiosité avec sa rythmique tribale nerveuse qui vient accompagner cette conclusion plus agressive que jamais.
Un nouvel album ou plutôt gros EP conservant leur goût pour la tension et les polyrythmies, complexe mais définitivement plus « digeste » que le précédent… mais aussi paradoxalement assez éreintant car très capillotracté. Comme pour ce dernier, Detach devrait donc autant réjouir que repousser, à vous de choisir votre camp.
Minipony
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