Avec sa discographie d’une incroyable densité (le groupe sortant ici son quinzième album en dix-neuf ans d’existence), Krallice est passé par une phase assez déconcertante ses dernières années puisque ses membres ont décidé de s’échanger… puis de récupérer leurs instruments (en l’occurrence le chanteur Mick Barr étant passé un temps de la guitare à la basse, et inversement pour Nicholas McMaster) tandis que Colin Marston s’est mis aux claviers (en plus de la guitare). Des envies matérialisées notamment l’an dernier avec l’EP No Hope, soient deux titres dont un totalement ambient qui a quelque peu bousculé leurs afficionados.
Moins d’un an plus tard, Krallice revient avec l’envie de renouer avec leurs premières amours, et cela se manifeste dans un premier temps par leur retour chez Profound Lore Records chez qui le groupe avait sorti leurs trois premiers albums (en 2008, 2009 et 2011, ça remonte un peu !), mais aussi au niveau du son ! En effet, Scour Order revient du côté de leurs trémolos signatures, mais attention, pas du genre de ceux cherchant à nous faire voyager les sens (même si l’on en vient souvent à de l’épique) mais plutôt du côté technique (qu’on connait grâce à leur boulot chez Behold…The Arctopus, Gorguts ou encore Orthrelm), annonciateur de migraine pour le béotien.
Et « Agonal Shining » ne mettra pas bien longtemps avant de nous refamiliariser avec cette approche si spéciale du black metal. Soit une impressionnante cavalcade au chant s’éclipsant souvent et où les instruments virevoltent avec complexité… mais avec une forme d’accroche peu commune. Les progressions millimétrées bardées de dissonances, les cris rageurs de Barr se taisant la majeure partie du temps pour encore mieux apprécier le déluge torrentiel de ces notes labyrinthiques, les intentions de Krallice sont toujours très exigeantes pour l’auditeur lambda tant le rendu ne baisse quasi jamais le tempo (sauf sur l’intro puis le final de « Unceasing Path »).
D’abord étourdi tant par cet imposant rythme de croisière un brin chaotique, on finit par apprécier de se faire entraîner dans leur courant tourbillonnant. Une bonne claque et un retour aux fondamentaux que les fans de la première heure n’attendaient plus.
2026
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