Darkestrah – The Great Silk Road

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Style: black metal atmosphériqueAnnee de sortie: 2008Label: Paragon Records

Darkestrah… Sous cet étrange patronyme se cache un groupe originaire du Kirghizistan ou Kirghizstan (les 2 sont permis), petit pays d’Asie Centrale qui fut autrefois rattaché à l’URSS et dont la population est le fruit d’un métissage entre influences turques, mongoles et chinoises. A la base, on ne s’attendrait pas forcément à trouver originaire de ce très pauvre pays un groupe de black metal si talentueux et impressionnant. Et pourtant ne vous y trompez pas, derrière cette pochette plutôt moche au collage photoshop douteux, se cache un grand album de black mélodique, imprégné d’un folklore qu’on suppose (à défaut de justifier d’une connaissance suffisante du pays d’origine du groupe) originaire du Kirghizstan et qui devrait sans problème convaincre et ravir les amateurs de Drudkh ou du Hate Forest de Battlefields. Le groupe avait du reste déjà prévenu qu’il n’était pas là pour faire de la figuration en publiant en 2007 un très bon Epos, album composé d’une seule piste de 33 minutes, à la manière d’un Moonsorrow.

Même si les membres du groupe résident désormais en Allemagne (ce qui est tout de suite un peu moins pittoresque), les éléments folkloriques traditionnels de leur pays d’origine sont caractérisés par de (très courts) intermèdes de chants traditionnels (un peu comme sur Battlefields) ainsi que par la présence ponctuelle d’instruments folkloriques (ou pas), comme la guimbarde, le violon (voir sur le début de « Kara-Oy » par exemple). Cela étant cette coloration folklorique se ressent même dans les riffs et les mélodies en elles-mêmes, ces dernières étant portées par la guitare bien sûr mais aussi largement soutenues (discrètement, on est assez loin du black sympho) par des synthés qui instaurent une ambiance quasi-orientale aux morceaux de Darkestrah. C’est ainsi que le riffing sur « Cult Tengri » évoque assez nettement le même type d’ambiances orientales que celles posées sur les morceaux de Melechesch.

Le dépaysement est donc garanti durant les 5 compositions longues et sinueuses qui constituent l’album et qui s’étalent sur plus de 54 minutes captivantes. Outre l’origine surprenante du groupe, l’autre fait marquant est à trouver du côté du chant, ici assuré par une demoiselle. Ne craignez pas d’avoir affaire à un chant lyrique ou soprano comme celui qu’on trouve dans pas mal de groupes aussi insipides que pénibles, le registre de la demoiselle en question se situe exclusivement dans le black. Il aurait du reste été tout à fait possible de prendre ce chant pour un chant masculin tant il correspond aux standards black auxquels on est habitué. Toujours est-il que masculin ou féminin peu importe, le chant colle parfaitement aux compos et accentue la beauté de l’ensemble.

Et c’est bien de beauté pure dont il s’agit ici, The Great Silk Road est même un superbe voyage auquel il paraît impensable de rester insensible. Sans révolutionner en rien un genre déjà existant, Darkestrah s’installe sans complexe sur le podium des meilleurs groupes du genre aux côtés d’un Drudkh, et livre avec The Great Silk Road, un des meilleurs albums de black de l’année…

  1. the silk road
  2. inner voice
  3. cult tengri
  4. kara-oy
  5. the last step
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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3 Commentaires

  1. damien luce says:

    merci pour cette belle découverte

  2. Ø says:

    Bah merci aussi, c’est vraiment bon ce truc! (Quelle pochette à chier par contre…)

  3. ZSK says:

    Sublime, énorme, grandiose… mégabaffe!

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