Blood Of Kingu – De Occulta Philosophia

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Style: occult black metalAnnee de sortie: 2007Label: Supernal Music

Bien qu’ayant fait l’objet d’annonces sibyllines, De Occulta Philosophia était déjà omniprésent sur les wishlists avant même qu’en parvienne la première note sur les vilains réseaux P2P. Blood of Kingu est en effet le nouveau medium d’expression de Roman Saenko, dont les aventures au sein de Drudkh et Hate Forest ont fait ces dernières années le petit lait des amateurs de sensations glacées au rigoureux arôme des steppes. Autant se passer d’effet de surprise : campé à l’intersection parfaite des deux groupes ci-dessus, Blood of Kingu comble l’essentiel des attentes tout en amenant une touche d’excentricité assumée avec beaucoup d’à-propos. De Occulta Philosophia joue en effet la carte de l’album instrumental – ou quasiment, les quelques drones psalmodiques qui tiennent lieu de vocaux faisant plus office de soutien spirituel à l’univers mythologique traversé, basé sur la théologie sumérienne, que de ressort dynamique des compositions. Dans le même ordre d’idées, l’album est parsemé de petites capsules mettant en valeur sa dimension occulte via l’usage d’instruments traditionnels, à l’image de l’intro où le sourd appel des cornes chamaniques scinde la brume, ou de “Slaughter of Shudras”, solo de percussions creuses rappelant à leur timbre rebondi les dohollas égyptiens. Autant d’indices caractéristiques qui, bien que moins imprégnés dans le cours même de la musique principale qu’ils ne peuvent l’être chez un Orphaned Land, par exemple, confèrent à l’album une indéniable empreinte indigène, et une espèce de dignité insaisissable.

Pour le reste on est donc à la fois en terrain connu et en pleine nouveauté, avec un style qui recycle d’Hate Forest la tension primitive des riffs et le blast osseux comme terreau séminal, de Drudkh une qualité contemplative intense, essentiellement concentrée dans les monologues indépendants de la première guitare en retrait du fracas incessant qui caresse les tympans comme le souffle d’air d’un Antonov au décollage. Si l’absence de chant ne génère pas de manque (ou rarement), c’est d’une part dû au format relativement ramassé des titres – quatre à cinq minutes – et d’autre part grâce à quelques interventions remarquées de leads mélodiques pénétrants, dont la tonicité et le rôle catalyseur ne sont pas sans évoquer les plus belles heures du dark metal à la suédoise (Sacramentum, Mörk Gryning…). L’exemple le plus marquant à cet égard revient à “Your Blood, Nubia! Your Power, Egypt!”, du même coup le titre le plus grisant de l’album. Au rayon bémol, on peut regretter un tout relatif déséquilibre du tracklisting, avec un enchaînement de trois titres assez phénoménaux au démarrage et une seconde moitié d’album où la brutalité est un peu isolée au gouvernail, pour des morceaux membrés et on ne peut plus honnêtes, mais fatalement anecdotiques au regard des vertus barbaro-épiques affichées plus avant. Maintenant, quel avenir peut-on imaginer pour Blood of Kingu dans la galaxie Saenko ? S’il en reste au stade de projet expérimental De Occulta Philosophia se suffira sans doute à lui-même, s’il en fait son groupe principal un gros travail de développement du concept sera nécessaire pour lui insuffler le supplément d’ambition auquel il devra prétendre pour faire vraiment très mal dans un créneau bien particulier – la fusion metal extrême–toile de fond ethnique/mythologique – où la redondance devient plus vite qu’ailleurs un handicap.

  1. incoarika incognita
  2. your blood, nubia! your power, egypt!
  3. mummu tiamat
  4. stronghold of megaliths, thorns and human bones
  5. slaughter of shudras
  6. lair of night abzu
  7. black spectral winds of shaman
  8. vajtarani
  9. chambers of inpu-sub
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2 Commentaires

  1. Ø says:

    Bof, pas vraiment original à part la voix et encore. C’est d’une part trop court, pas assez différent de Drudkh et le concept est pas assez développé comme dit dans la chro (parce que quelques borborygmes et 2 tracks de tam-tam c’est un peu léger pour évoquer l’Égypte antique). Je retourne à mes Drudkh et Hate Forest.

  2. nr says:

    Jolie chronique.
    Un album trop court, c’est un fait incontestable, mais qui prend les trois quart du temps aux entrailles et ne les lâchent que pour nous les coller en pleine tronche!

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