Sights & Sounds – Monolith

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Style: emo néo prog townsendienAnnee de sortie: 2009Label: Smallman Records

Quel point commun entre le chanteur de Comeback Kid et Devin Townsend ? Aucun sinon qu’ils sont tous deux canadiens. C’est sans doute simplement cette proximité géographique, et peut-être aussi quand même une certaine admiration de la part d’Andrew Neufeld pour le génial savant fou qui a fait que ce premier album de Sights & Sounds, nouveau groupe du chanteur de Comeback Kid et de son frangin, soit produit par Devin (ou alors que le groupe soit signé sur le même label que Misery Signals, dont le dernier album a été également produit par Devin).
Vous allez dire : « il ne va pas nous en faire une tartine du producteur, ce n’est quand même pas l’élément décisif pour parler de la qualité d’un album ! ».
Certes non. Mais en l’occurrence, le nom du producteur est ici essentiel pour comprendre le style pratiqué par S&S, tant l’influence du canadien est extrêmement perceptible, contrairement à beaucoup d’albums produits par Townsend d’ailleurs.

Sights & Sounds n’a pas grand-chose à voir avec Comeback Kid, soyons tout de suite clairs à ce sujet, le hardcore n’étant une composante quasiment pas présente dans leur musique. Même si Andrew Neufeld assure ici aussi le chant, exit son registre habituel, le petit gars officiant ici dans un registre éminemment mélodique, un registre que d’aucuns aurait tôt fait d’assimiler au néo-métal voire à l’émo. De fait, son chant me rappelle personnellement fréquemment celui du chanteur de Trust Company un obscure groupe de néo-métal qui n’a pas du marquer les esprits et qui a pourtant sorti en 2002, un très correct album de néo, The Lonely Position of Neutral. Ne fuyez pas ! Car que vous connaissiez ou non Trust Company (je parie que non), je vous assure que la qualité du chant est vraiment au rendez-vous pourvu que vous ne soyez pas allergique au chant mélodique.

D’autant plus que ce chant s’accouple avec une musique très belle, plutôt riche d’atmosphères, presque progressive par moments (le très beau « The Clutter »), à laquelle viennent s’ajouter des influences Townsendiennes qui sont très loin d’être déplaisantes : on croirait le début de « Storm and the Sun » sorti d’un album du canadien fou, idem pour ce cri au démarrage de « Neighbours » qu’on jurerait émis par Devin Townsend lui-même (d’ici à ce que ce soit vraiment le cas, je ne peux pas le dire, n’ayant toujours pas reçu l’album, merci La Poste !), ou ces guitares au démarrage de « Night Train ». On retrouve également cette multiplication de pistes si chère à Townsend, qui donne une sensation de densité et une texture si particulière au son de l’album, ainsi qu’une utilisation subtile et légère d’électronique, qui renforce le côté « profond » du son de Monolith.

Certains titres sonnent très américain, et plus emo que métal, comme « Shudder St Kilda » avec ses chœurs punk/hardcore, ou « Pedal Against the World » qui peut évoquer un Funeral For A Friend en bonne forme (mieux vaut le préciser). Idem pour « Reconcile », un peu facile par moments, mais loin d’être désagréable. Ces titres plus légers, mélangés aux autres qui sont de véritables bombes d’émo-métal atmosphérique (« Sorrows », « Storm and the Sun », « Neighbours », « The Furthest Truth », « Night Train », « Subtle Severe »…) assurent une variété vraiment salutaire, sur un album qui frôle l’excès de longueur. Le dernier titre « Pillars » vraiment trop rock alternatif US, apparaît en effet vraiment dispensable, complété qu’il est par une ghost track qui n’apporte pas grand-chose (reprise de « The Furthest Truth »).
Mais ces deux titres plus faibles ne suffiront pas à oublier qu’il y en a 12 excellents qui viennent de passer, et qui se sont révélés suffisamment marquants pour faire de cet album frais (parfait pour l’été, dommage que ce dernier soit en train de céder sa place) et riche, un vrai incontournable de cette année, pour tous les amateurs de mélodies progressives, les amateurs d’émo (s’il en reste) et les nostalgiques du néo-métal des heures de gloire du genre.

Personnellement je suis fan !

Tracklist :

  1. sorrows
  2. shudder st kilda
  3. storm and the sun
  4. the clutter
  5. neighbours
  6. the furthest truth
  7. pedal against the world
  8. night train
  9. reconcile
  10. borderlines
  11. subtle severe
  12. sorrows ii
  13. pillars
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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3 Commentaires

  1. damien luce says:

    Franchement je ne suis pas un habitué de la musique dite « émo »… mais bon quand j’ai vu que le sieur townsend produisait la chose, j’ai écouté vite fait et je me suis fait happé par une musique riche en mélodie et en « émo »tion… Merci pour la découverte, je ne pense pas que je pourrai écouter ce genre de musique tous les jours mais mes oreilles sont ravies de ce son, donc elles te remercient monsieur Krakoukass !!!

  2. krakoukass Krakoukass says:

    Ça fait plaisir, merci Damien!

  3. sydz says:

    La musique est assez exceptionnelle voire geniale, mais c’est vraiment dommage qu’il y ait ce chant qui fait limite penser a du Linkin Park sur les passages calmes.

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