The Beatles – Love

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Style: pop/rock culteAnnee de sortie: 2006Label: EMI

Plus de 35 ans après la séparation du groupe, les Beatles reviennent dans l’actualité avec cet album, qu’on pourrait prendre à tord à première vue pour un best-of mais qui en fait est un peu plus que ça. George Martin, producteur historique de tous les albums des Beatles, a en effet, pour créer une bande son à un show de Las Vegas, créé de nouvelles versions de certains morceaux du groupe, en les remixant avec les technologies actuelles (Protools) pour un son plus moderne, mais ce n’est pas tout. Il a en effet avec l’aide de son fils mélangé certains morceaux à partir des pistes originales, insérant des transitions entre des parties de plusieurs morceaux, superposant même parfois les pistes de plusieurs morceaux. Au final, à part une orchestration de cordes sur « While My Guitar Gently Weeps » d’ailleurs un peu sirupeuse, les 78 minutes de ce medley sont donc arrangées à partir des pistes originales des Beatles conservées par Martin.

On pourrait crier au sacrilège, mais en fait, c’est tellement bien fait et permet en l’espace d’un album de découvrir le meilleur du groupe, que je ne vois pas pourquoi m’en offusquer. The Beatles est un des premiers groupes que j’ai écouté, mon père possédant la plupart de leurs albums, et je ne peux que saluer le choix des morceaux, pas toujours les plus connus mais les plus aboutis et modernes, un choix tel que ces morceaux sonnent d’une façon intemporelle, rien ne permet de dire que cette musique a plus de 30 ans.

Introduit par les coeurs a cappela de « Because », le disque parcours toute la discographie des Beatles, de « I want to hold your hand » (1963) à « Get Back » (1970), même si la dernière période est la plus représentée, et temps mieux, c’est celle que je préfère retenir, la version chevelue, hippie et avant-gardiste des Beatles. Celle qui a montré que les 3 génies Lennon/McCartney/Harrisson étaient le trio de compositeurs/chanteurs/interprètes le plus génial de l’histoire du rock. Une écoute de ce Love permet de se rendre compte sans peine de l’immense talent mélodique du groupe.

Chez les Beatles, à part sur les premiers albums, Lennon et McCartney composaient chacun de son côté la plupart des morceaux, les 3 autres Beatles les interprétant à leur sauce, la touche de chaque musicien est donc très présente et il est assez facile de deviner qui a composé chacun d’entre eux. A McCartney les hymnes pop (« Eleanor Rigby », « Hey Jude », « Yesterday ») et les morceaux rock enjoués (« Get Back », « Back in the USSR »), à Lennon les tubes rock (« Help! », « Revolution ») mais aussi les explorations plus recherchées et modernes (« Lucy in the Sky With Diamonds », « Strawberry Fields »). Harrisson n’a lui que peu contribué aux compositions du groupe, souvent dans l’ombre des 2 autres, mais il est ici bien représenté par rapport à sa contribution globale, tout simplement parce que ses compositions que Lennon et McCartney dégnaient jouer sont tout simplement géniales (« Something », « Here Comes the Sun », « While my Guitar Gently Weeps »). Quant à Ringo, le seul morceau qu’il ait composé et chanté est présent, un « Octopus’s Garden » très typé comédie musicale.

Sur ce Love, les remix/remaster des morceaux les plus rock du groupe ressortent du lot à mon avis, leur énergie étant décuplée. « Get Back », « Come Together », « Revolution » sont parmi les morceaux rock leurs plus marquants. Ecoutez la fin de la plage 10 qui parcourt parmi les morceaux les plus géniaux du groupe à mon avis « I Want You (She’s So Heavy) » et le quasiment hard rock « Helter Skelter ». Je noterais sinon l’excellement remanié « Within You Without You », aux influences orientales et à la rythmique modernisée suivie du psychédélique « Lucy in the sky with diamonds ». Certains choix sont plus étranges comme d’avoir placé l’arpège de « Blackbird » en intro de « Yesterday ». La plupart des morceaux sont étoffés, en particulier certaines rythmiques d’un Ringo un peu léger mais souvent juste (« Come Together », « A day in the Life »), d’autres come « Strawberry Fields » ou « While my guitar gently weeps » sont plus dénudés, basées sur des versions acoustiques.

Bien mieux qu’un vulgaire best of, Love donne envie de réécouter les albums originaux. La musique des Beatles s’y révèle d’une incroyable modernité, n’ayant pas vieilli d’un pouce alors que les Martin père et fils ont seulement réinterprétés certains morceaux, sans les dénaturer et créé un ensemble cohérent, aux transitions sans accrocs, pour servir de bande son parfaite à un spectacle mettant en scène la musique des Beatles, qui se conclue logiquement par un « All you need is love ».

  1. because
  2. get back
  3. glass onion
  4. eleanor rigby/julia
  5. i am the walrus
  6. i want to hold your hand
  7. drive my car/the word/what you’re doing
  8. gnik nus
  9. something
  10. being for the benefit of mr. kite!/i want you
  11. help!
  12. blackbird/yesterday
  13. strawberry fields forever
  14. within you without you/tomorrow never knows
  15. lucy in the sky with diamonds
  16. octopus’s garden
  17. lady madonna
  18. here comes the sun
  19. come together/dear prudence
  20. revolution
  21. back in the U.S.S.R.
  22. while my guitar gently weeps
  23. a day in the life
  24. he jude
  25. sgt. pepper’s lonely hearts club band
  26. all you need is love
jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 502 articles sur Eklektik.

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6 Commentaires

  1. Angrom Angrom says:

    Je me permettrais d’ajouter quelques mots à la chronique de Jonben car le disque est également sorti dans une version 5.1 (via un DVD bonus sur l’édition limité contenant une piste haute résolution DVD Audio, une piste DTS et une piste Dolby Digital). La piste DVD-A, en plus de proposer une qualité de son parfaite (96kHz/24bits, je n’ai pas encore une seule fois mis le CD dans le lecteur tant c’est inutile), offre à l’auditeur l’occasion de découvrir la musique du groupe en son surround (ce qui n’a rien d’un gadget inutile et peut être considéré dans l’esprit de l’époque car dans les seventies, la quadriphonie était à la mode).
    Bref, on est comme transporté au milieu des 4 garçons dans le vent. Le mix , en étant éclaté sur 5 enceintes, permet de mieux apprécier les pistes et leur qualité individuelle. On a parfois l’impression que Lennon (ou Mc Cartney) sont dans le salon. On se retrouve submergé, non pas d’effets tape à l’oeil genre rotation du son ou truc dans le genre, mais simplement par la musique, qui semble donc venir de partout et pas uniquement de deux enceintes stéréo. L’écoute de ce disque en 5.1 est une toute nouvelle expérience des plus agréables. Espérons que cette « grosse » sortie donne un coup de pouce à l’écoute de disques en 5.1 parmi le grand public

  2. tamere says:

    au moins on sait ce que tu fais comme études (ou ce que tu fais)…

  3. Angrom Angrom says:

    C’est à moi qu’est adressé ce commentaire ou à jonben ?

  4. Florent says:

    Les beatles c’est sixties, Gromy ;-)
    Et j’en peux plus de ce groupe. Place aux jeunes, merci !

  5. Angrom Angrom says:

    Au temps pour moi Floflo … Ceci dit je parlais de la quadriphonie, pas des beatles (qui sont des sixties en effet) c’était juste pour dire que c’était dans l’esprit de l’époque…

  6. kaoslynn says:

    L’idée directrice de cet album est géniale, c’est l’occasion de survoler en un seul disque l’imposante discographie des Beatles, sans être un simple best of. Certes tous les « assemblages » ne sont pas heureux mais dans l’ensemble c’est trés réussi. Moi j’ai passé un « vrai » bon moment en écoutant « Love ».

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