J’adore Health, pas difficile de le constater à la lecture de chroniques des (3 précédents) albums des américains, toutes dythirambiques sans avoir à me forcer tant je considère le groupe comme un des plus intéressants à mes oreilles (avec ce mélange de son bien technoïde/indus et de pop). Jusqu’ici en tout cas (formule hyperbolique visant à apporter une dimension dramatique à ce qui suit)…
Car Conflict DLC me laisse finalement un petit sentiment de déception persistant. Etonnant tant on y retrouve pourtant le style Health, fait d’autant plus assumé par le groupe qu’en utilisant la mention « DLC » dans le titre de son album, terme utilisé dans le monde du jeu vidéo (dont est friand le groupe) pour désigner un « Downloadable Content » c’est-à-dire un contenu (téléchargeable à l’origine) venu compléter un jeu « de base », les californiens sont assez clairs sur le fait que ce nouvel album s’inscrit dans le sillage direct de son prédecesseur. Ce qu’il fait sans le moindre doute, au point même qu’on pourrait penser qu’il s’agit d’un album de faces B (des titres écartés de l’album précédent car considérés comme moins bons) assemblées pour en faire un album autonome.
Alors évidemment un album de faces B de Health, ça reste un album de qualité et ne nous y trompons pas : si je trouve cet album inférieur à Rat Wars, Slaves of Fear ou Death Magic, il n’en demeure pas moins un bon album qui me fait passer un bon moment. Mais à ma grande surprise, j’ai pour la première fois été agacé par quelques tics et récurrences du style du groupe, et ça commence d’entrée avec « Ordinary Loss » dont les paroles puériles et bas du front ont tendance à me rendre l’écoute de ce titre un peu pénible. Vous me direz que les californiens n’ont jamais donné dans les paroles chiadées et complexes (et c’est vrai), mais je trouve qu’on touche un peu le fond avec des paroles évoquant le deuil et la mort de façon aussi nulle : « It’s an ordinary loss / Everyone that you love / They’re here and then they’re gone »… Hmmm… Sacrée découverte Jake. Dommage car musicalement le titre tabasse d’entrée très fort mais le chant de Jake, encore plus trafiqué que d’habitude sur les couplets (autre point qui ne me convainc pas forcément globalement sur l’album) ne fait pas merveille cette fois-ci. Et cette pauvreté des paroles se retrouve plus loin sur « You Died », autour des mêmes thèmes de la mort et au message hyper basique là encore (« You’re dead, I’ll be like you / You’ll be like me, I’ll be dead too »).
Un autre point me pose souci : la structure de l’album. Les titres de l’album ne sont pas très bien ordonnés sur le disque, ce qui pose à mon sens un petit souci d’hétérogénéité avec des titres coup de boule qui s’enchaînent (les trois premiers auxquels on pourrait ajouter « Trash Decade ») avant que les titres plus posés et moins marquants (« Darkage ») prennent la suite dans une séquence qui apparaît un peu longue en conséquence (et qui ont pour point d’orgue « You Died », « Thought Leader », « Don’t Kill Yourself »). Il y a bien ce « Shred Envy » qui se veut plus punchy (mais qui tape un peu dans le vide), mais je ne peux pas m’empêcher de penser que l’album aurait été meilleur et plus fluide dans son déroulé, si la variété des ambiances et morceaux avait été un peu plus privilégiée (comme elle peut l’être sur Rat Wars ou Slaves of Fear), et ce malgré la présence d’un interlude (« Torture II ») pensé pour apporter justement un peu de liant entre les deux « moods ».
J’ai l’air de critiquer un peu férocement mais évidemment ça reste du Health et je suis toujours ravi de les retrouver d’autant qu’il y a quand même largement de quoi satisfaire même les plus blasés sur cet album qui ne sera pas celui avec lequel je me fâcherai avec le groupe : le monstrueux « Burn the Candles » à la rythmique mêlant beats techno et gros riffs de guitare saturés en est certainement le meilleur exemple de même que le titre suivant « Vibe Cop » sur lequel on retrouve à nouveau Willie Adler guitariste de Lamb of God, venu riffer comme un beau diable. Plus loin « Antidote » est aussi un grand moment de l’album, comme la petite mélodie entêtante de « Don’t Kill Yourself » (titre un peu trop court au final avec seulement 2min35 qui passent un peu vite), de même que « Wasted Years » et ses 6 minutes de progression conclusive réussie.
Vous l’avez compris : légère déception donc avec ce Conflict DLC qui reste toutefois un bon album de Health, mais incarne un léger décrochage qualitatif après une trilogie franchement exceptionnelle il faut bien le dire.
Tracklist :
01 – Ordinary Loss
02 – Burn the Candles
03 – Vibe Cop
04 – Trash Decade
05 – Torture II
06 – Antidote
07 – Darkage
08 – Shred Envy
09 – You Died
10 – Thought Leader
11 – Don’t Kill Yourself
12 – Wasted Years
Health
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