Ultraphallus – Lungville

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Style: sludgeAnnee de sortie: 2005Label: Autoproduction

Et merde ça y est… Les belges ont perdu leur flegme que j’affectionne tant ! Ultraphallus sonne le glas ! Liège vient de sombrer sous les bombes de la connerie humaine et Ultraphallus orchestre les derniers instants. Enfin ça fait déjà un moment que la descente aux enfers s’étiole. L’enregistrement date de fin 2005 et je n’en avais encore jamais entendu parler avant cette fin d’année 2006. Bullshit ! Ces lascars n’auront pas perdu de temps pourtant, pour répandre leur théorie viscérale sur la contamination masculine (en anglais dans le texte, m’en demandez pas plus, faudra les taquiner pour en avoir le cœur net sur leur litanie). Formé en 2004, une demo à suivre, puis ce Lungville et des tournées avec entre autres Vandal x, Amen Ra, Le Singe Blanc, Suma, Kylesa, Blutch. Sont animés par la rage ceux-là pas de doute à ce sujet. Un certain désespoir aussi… Mais c’est toujours de la rage!

Alors les apaches vous lancez cet opus, vous montez le son bien au-delà des limites du raisonnable (faites pas chier avec votre raison) et vous vous laissez sombrer au cœur de ce rock noise abyssale. Larvée au cœur du sludge, laminée par ces lames de plomb en fusion, une bile fiévreuse coule dans les veines de ces compositions, de cette voix nasillarde, déclamant ses textes comme on cracherait un ulcère, hurlant parfois à l’infini, sombrant dans les méandres de ces compositions à tiroirs. Les morceaux s’enchaînant dans un flot continu, s’entrelacent, pour finalement ne plus former qu’une seule et même entité, un monstre magnifique et infect de cynisme. Structures complexes pour mieux vous perdre au-delà de cet univers glauque, disto de rigueur sur la basse, son de guitare compressé, riffs alambiqués, rythmes pachydermiques, samples psychédéliques ou déglingués, seule la production de John Roo et ce son chirurgical nous maintient encore sur cette terre. Un son un rien plus poisseux n’aurait pas été de refus même s’il faut bien reconnaître le caractère de cette production donnant à cet album le tranchant d’une lame de rasoir – relativement rare dans le style, plus à même de nous assommer histoire de nous faire gober certaines pilules parfois bien indigestes. Ici rien de tout cela. Pas de monolithisme de bon aloi aussi prévisible que chiant. Des coups de latte dans la gueule, des riffs plombés et rampants certes. Mais les compositions s’enchaînent, mettent en scène le chaos, font défiler les images d’une pellicule de cinoche surréaliste où la douleur est maîtresse et le cri bien futile. « Un chien andalou » ou bien encore « L’age d’or » de Bunuel, autant de turgescences libidinales et de doigts d’honneur tenus bien haut à la face des fascistes, voilà bien le genre d’images sur lesquelles Lungville pourrait laisser courir sa musique sombre et rageuse.

Alors j’entends déjà certains aficionados des Melvins tenter l’expérience et revenir crier au rip off… qu’ils aillent se faire foutre ! Ultraphallus manie peut-être les mêmes armes, mais possède cette noirceur et cette qualité de composition qui en font bien plus qu’un outsider. Ca sent la nausée suffocante et inflexible, comme ces rythmes qui vous écrasent. Les vertus sont déflorées, la colère jaillit, la basse cogne, ça pue la sueur et le foutre. Le flash. La p’tite mort te libère. Dommage tu es contaminé.

  1. the electric something
  2. antibody
  3. lungville
  4. she…disguised as the worst
  5. i and the surrender me
  6. the grin
  7. city is mine
  8. the octopus song
  9. hands for the bull ivy
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2 Commentaires

  1. Zepekegno says:

    Monstrueux! Un album très riche: j’ai beau l’écouter régulièrement depuis des mois, il n’a pas encore livré tous ses secrets, le bougre!

  2. FireCat says:

    J’aime beaucoup les mp3 dispos sur leur site; effectivement c’est bien Melvinien en moins « débile », pour reprendre l’expression de Inthese.
    Je choperai l’album à loccase !

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