Offernat – Where Nothing Grows
Chronique Post Metal

Offernat – Where Nothing Grows

beunz
beunz
Auteur
29 mars 2024
il y a 2 ans
3,726 vues
Année de sortie
2024
Note
Le duo danois, après avoir perdu un membre, continue d'explorer des atmosphères sombres et complexes, mêlant habilement des éléments de post-metal, black et doom, tout en maintenant une dynamique captivante malgré quelques interludes qui perturbent légèrement le flux de l'album.
Offernat – Where Nothing Grows

Autrefois trio, Offernat a certes été amputé d’un membre mais n’en a rien perdu de son envie de nous faire suffoquer. Accordant un soin particulier à ses visuels (on a bien en mémoire celui de All Colours Retract, leur précédent album), le groupe danois nous plonge à nouveau dans un monde en noir et blanc dans lequel la perception de l’auditeur est mise à rude épreuve, le son étant à nouveau très épais, histoire de nous donner une dernière image de désolation avant d’être englouti par ces sables mouvants.

Car Offernat manie à nouveau de main de maître les atmosphères de fin du monde. Porté par une atmosphère générale post metal, « Grief » n’attend pas pour nous immerger dans une épaisse mélasse de riffs telluriques. Cet imposant titre d’ouverture (un quart d’heure au compteur) nous jouera bien des tours entre ses passages post-black enflammés, sa lourdeur doom et ses accalmies post-rock, nous malmenant mais nous hypnotisant en même temps.

Offernat a su garder ce goût pour les titres s’étirant en longueur (trois sur cinq dépassant les quinze minutes) mais fait tout ce qu’il faut pour maintenir l’auditeur sur le qui-vive. Que ce soit dans son déversement haineux ou les passages mélodiques, les transitions sont réglées au millimètre et parfois osées (autour des dix minutes de « Where Nothing Grows » où l’on passe en un éclair d’un black metal déchainé à un motif très accrocheur), le duo retombe à chaque fois sur ses pattes… ou presque !

En effet, un ou plutôt deux petits reproches viendront un peu ternir ce concert d’éloges: « Like Blood In The Snow », sorte d’interlude instrumental qui vient ouvrir une atmosphère aussi posée que malfaisante avant de remettre ça avec « A Voice In The River », second interlude plus expérimental cette fois. Une double coupure qui vient un peu casser la dynamique de l’album. « Funeral Fantasy » viendra conclure davantage du côté de la mélancolie (sur sa première partie), y compris pendant le pont minimaliste servant de rampe de lancement à l’excellent passage black metal (façon Downfall Of Gaia) qui suivra.

Where Nothing Grows se révèle à la hauteur de son prédécesseur même si l’on regrettera un peu les deux interludes, pas mauvais mais placés l’un à la suite de l’autre. A côté de ça, les deux danois confirment leur son signature avec leur post metal multi texturé, lourd et volubile à la fois.

  1. Grief
  2. Where Nothing Grows
  3. Like Blood In The Snow
  4. A Voice In The River
  5. Funeral Fantasy

Artistes / Groupes

Genre selon le Chroniqueur

post metal

Catégories

Famille/Genre

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Beunz chronique sur Eklektik Rock depuis 2009. Amateur de sonorités extrêmes et abrasives, il s’est imposé comme l’une des plumes les plus prolifiques du webzine dans les registres Sludge, Black Metal, Hardcore Punk et Grindcore, tout en s’aventurant volontiers vers le Shoegaze, le Mathcore ou le Post-Rock. Son intérêt constant pour les scènes underground l’a amené à suivre de près des groupes locaux comme internationaux, qu’il met en avant avec un mélange de passion et d’exigence critique.

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