Arcade Fire – The Suburbs

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Style: pop rock indéAnnee de sortie: 2010Label: Merge/MercuryProducteur: Markus Dravs & Arcade Fire

Les (proclamés) prodiges canadiens sont de retour avec un nouvel album placé sous le signe de l’hommage à la banlieue de la part des frères Butler (Win et Will). Ces derniers ont grandi dans une banlieue de Houston et ont apparemment fait le constat que nombre de leurs idoles (comme Bob Dylan) venaient ainsi de la périphérie des grandes villes. Probablement une façon de faire le lien entre désœuvrement et créativité, constat qui n’est pas vraiment d’une nouveauté bouleversante.

Le groupe a réussi, ce qui est plutôt rare, à asseoir une vraie autorité tant critique que publique, dans le monde de la pop/rock indé dès son premier disque, Funeral. Le succès ne s’est pas démenti sur Neon Bible le deuxième album, bien que certains fans aient pu être déçus par le peu de renouvellement du groupe et le côté plus conventionnel de ce nouvel album.

Pas forcément emballé par les deux premiers albums, j’ai abordé ce nouvel opus sans aucune attente particulière, attiré par la jolie pochette (ça tient pas à grand-chose parfois…). Et bien m’en a pris puisque The Suburbs est probablement à ce stade de l’année, l’un de mes favoris (avec l’album des new-yorkais de Yeasayer).

Rempli jusqu’à la gueule de hits imparables, cet album étale un vrai talent d’écriture de la part de ses géniteurs (au premier rang desquels Win Butler chanteur du groupe), qui sont capables de proposer des mélodies efficaces mises en valeur par des arrangements superbes, subtiles, qui nécessitent plusieurs écoutes pour dévoiler leur charme. Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec les prodigieux Dredg, bien qu’Arcade Fire soient (pour le moment) un peu plus pop que les américains et moins portés sur les guitares.
Les exemples de cette qualité sont multiples, dès le morceau titre et son refrain imparable doublé de chœurs subtiles, le discret (mais essentiel) clavier sur « Ready to Start », le violon et les sonorités féériques de « Rococo », l’ambiance électro-pop années 80 de « Half Light II » ou de « Deep Blue », la divine mélodie et le remarquable changement de rythme de « Suburban War » (titre qui rappelle un Radiohead au meilleur de sa forme) et j’en passe…
On apprécie particulièrement la variété des atmosphères et des tempos, l’alternance de titres enlevés (« Ready to Start », « Empty Room » et ses violons endiablés, le presque stoner « Month Of May » qu’on aurait pu retrouver sur un album de Queens of the Stone Age), et de morceaux plus intimistes (« Modern Man », « City with no Children », « Wasted Hours », « Deep Blue »), qui permet d’éviter toute lassitude, de même que le fait que Win Butler ne soit pas le seul à chanter, puisque sa femme Régine Chassagne prend le relais sur quelques titres et pas des moindres (« Empty Room » et la pop électronique de l’excellent « Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) » très réminiscent des années 80 encore une fois).

Au final on déplorera simplement que l’album comporte autant de titres (16) car trois d’entre eux ne sont à mon humble avis pas aussi réussis que les autres (l’insipide « Half Light I », « Wasted Hours », niais et pénible, idem pour « Sprawl (Flatland) », déprimant) et l’album aurait gagné en efficacité, recentré sur ses 12 pépites (largement suffisantes pour faire un album d’une durée correcte d’ailleurs) + l’outro.
Qu’importe, même en l’état, cet album représente vraiment le très haut du panier de ce style de musique. Enjoy.

  1. the suburbs
  2. ready to start
  3. modern man
  4. rococo
  5. empty room
  6. city with no children
  7. half light i
  8. half light ii (no celebration)
  9. suburban war
  10. month of may
  11. wasted hours
  12. deep blue
  13. we used to wait
  14. sprawl i (flatland)
  15. sprawl ii (mountains beyond mountains)
  16. the suburbs (continued)
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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2 Commentaires

  1. Djibee says:

    Excellente découverte via cette chronique. Album à la fois léger et profond. A écouter :)

  2. cyrod says:

    chouette album, mais trop long, je trouve aussi. Quelques morceaux sont en deçà et auraient pu passer à la poubelle.

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