Maximum The Hormone – Buiikikaesu

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Style: punk rock japonais déglingoAnnee de sortie: 2007Label: VAP

Le métal (ou même le rock en général) japonais m’a toujours posé un souci. Les idées sont généralement bonnes, le niveau est bon mais là où l’identité d’un groupe repose souvent sous les frêles épaules du chanteur, les groupes japonais ne se distinguent pas suffisamment sur ce point. Rien ne ressemble plus à un chanteur japonais qu’un autre chanteur japonais. Prenez du Versailles, du l’Arc en Ciel du Malice Mizer (période Gackt, Klaha était pour sa part un peu plus spécial) voir même du Dir en Grey dans les partie les plus calmes, et comparez les voix, c’est tristement assez similaires. Autre aspect qu’il est difficile de passer sous silence, le ridicule des patronymes choisis. Ceux suscités se suffisent à eux-mêmes on va pas revenir là dessus. Enfin la capacité qu’ont tous ces groupes à sortir des mélodies gnan gnan est assez faramineuse. Bref le Japon, quand on prend dans la globalité sa scène rock, on reste un peu sur sa faim.
Et puis il y a l’exception (ouais enfin sauf pour le patronyme j’avoue) Maximum the Hormone.

Bien cantonné dans son pays depuis quelques années maintenant (10 pour être précis) il a fallu un petit coup de pouce du destin pour que le groupe puisse jouir d’une réputation internationale. Et ce coup de pouce s’appelle « Death Note » et c’est un manga. Effectivement, la deuxième partie de l’animé de la série propose en opening et en closing respectivement « What’s up people » et « Zetsubo Billy », deux titres issus de l’album qui nous occupe aujourd’hui. Comme pub on fait difficilement mieux surtout quand on connait la qualité du manga. Comme beaucoup j’ai donc découvert le groupe par ce biais et grand bien m’en a fait.

Alors Maximum the hormone (aller on va dire MTH ca ira plus vite et c’est un peu moins craignos) kézako ? Drôle de question ma bonne dame. On y va comme on le sent, on va balancer des références en vrac : System of a down, Rage against the machine, Linkin Park, , Slipknot pourraient tous figurer en bonne position. On parle donc ici d’un mélange entre un punk furieusement édulcoré au rock avec une bonne part de bourrin. Niveau identité propre on est bon, reste à voir si vocalement ça tient la route.

Une des particularités de MTH c’est que chacun des quatre membres est aussi chanteur. On notera la prédominance du chant de Daisuke, chant punk plutôt classique, la particularité du grain leader et gratteux du groupe (affichant souvent son t-shirt Tool dans les clips), sorte de gros samouraï à la voix de chat enroué débitant les paroles à vitesse grand V et la spécificité du chant de la batteuse, véritable voix digne d’un manga, le bassiste n’ayant finalement qu’un rôle de backing vocals. L’alternance de chanteur est extrêmement bien foutue et permet de rendre le propos du groupe varié et ainsi de lui octroyer une véritable touche propre. On ajoutera au passage que l’ensemble des vocaux sont en japonais (ce qui est souvent le cas chez les groupes du pays du soleil levant), l’intonation peut donc surprendre.

L’album est particulièrement varié, les morceaux furieux (comme « What’s up people ») côtoient les morceaux plus burlesques (on citera « Kuso Breakin No Breakin Lilly » ou le bizarroïde « Chu Chu lovely Muni Muni Mura Mura Purin Purin Boron Noruru Rero Rero » (ouf !)). Ceux qui reprochent aux japonais leurs mélodies gnan gnan en seront donc pour leurs frais. De fait l’écoute se fait en enchainant les surprises loin d’être désagréables, on est toujours intéressé par les divagations de nos quatre joyeux lurons. Seule petite baisse de régime en milieu de disque avec des morceaux moins aventureux et moins intéressants, mais « Bikini Sports Ponchin » sonne bien vite le réveil.

Bonne surprise donc que ce groupe que je ne connaissais pas et qui me suit maintenant depuis plusieurs semaines sans que le moindre sentiment de lassitude ne se fasse sentir. Les 50 minutes bien que fatigantes (le changement de style à chaque morceau fini par user) passent plutôt correctement et on revient toujours sur ce disque avec plaisir. Bien que le disque soit de 2007 c’est une de mes grosses découvertes de la fin 2008, et je voulais le mettre en lumière ici-même.

  1. buiiki kaesu!!
  2. zetsubou billy
  3. kuso breakin nou breakin lily
  4. louisiana bob
  5. policeman benz
  6. black yen power g-man spy
  7. akagi
  8. kyoukatsu
  9. bikini sports punchin
  10. what’s up, people?!
  11. chu chu lovely muni muni mura mura purin purin boron nururur
  12. shimi
  13. koi no mega lover
  14. (bonus track)
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Groupes cités dans la chronique

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5 Commentaires

  1. Quick says:

    Merci pour la découverte. J’écoute pas grand chose en ce moment, et cet album sans avoir vraiment quelque chose de novateur à proposer, reste un bon mélange de genres. Et je trouve qu’ils maîtrisent plutôt bien leur affaire. Et puis cette petite touche japonaise fait mouche.
    Du coup, je m’en vais mater les Death Note (animé qui m’intrigue fortement).

  2. Me-aow! says:

    Enfin!!!!
    Enfin un site français s’intéresse à ce groupe de fous furieux mais talentueux!!
    Étant sorti avec une Jap, je les ai connus par son entremise, et ce depuis le 1er album (qui remonte!)
    Et je confirme que leur style n’a fait que s’affiner au cours des années/albums.
    Je te recommande Dah-Neir de trouver les autres opus car ça dépote tout autant! (j’ai même mis la main sur leurs 2 DVD, si ça t’intéresse :))
    Et les clips sont déments!
    Bref, une des plus grosses découvertes musicales de ces dernières années, pour moi
    Bravo pour ta kro et pour l’ouverture dont fait preuve ce site!

  3. drommk says:

    Merde alors, j’avais bien aimé un de leurs albums, mais impossible d’en retrouver le nom, même avec la discographie sous les yeux…

  4. ikea says:

    Découvert cet album grâce à Death Note, comme pas mal de monde. Disque sympathique, « frais », parfait pour les étés crétins, avec la folie japonaise qui fait du bien ! :)

  5. BoomBapOS says:

    Je suis assez étonné de ne pas lire dans la chronique 2 points qui moi m’avaient sauté à la gueule, après l’écoute de cet album:
    1. la présence du hip-hop (flow du chanteur-hurleur, rythmes) & du hardcore (riffs)
    2. l’énorme influence Red Hot Chili Peppers, notamment leurs tout 1ers albums
    Maximum The Hormone se fait pas mal démonter par les critiques françaises à cause de leur genre « fourre-tout » et je trouve très ça dommage, vu que la diversité de leurs styles fait justement leur spécificité.
    Bref, moi, j’adore!

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