Oranssi Pazuzu – Mestarin Kynsi

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Style: black metal/rock psychédeliqueAnnee de sortie: 2020Label: Nuclear Blast

Oranssi Pazuzu font partie de ses groupes atypiques qui participent à façonner de manière nouvelle le black metal , en prouvant encore une fois s’il était nécessaire que le black metal reste un des terreaux les plus fertiles du metal . L’approche du genre par Oranssi Pazuzu est bien singulière, mixer le black metal avec le rock psychédélique ne semble pas être l’association la plus évidente dans un premier temps. Cependant ils ont habilement su au fil des années perfectionner cette approche. Ils semblent avoir mis tout le monde d’accord en 2013 avec la sortie de Valonielu qui les a instantanément placés sur la carte des groupes de BM à activement surveiller. L’arrivée du mastodonte Varähtelijä en 2016 à terminer ce travail et l’a même sublimé en mettant tout le monde d’accord sur le génie du groupe.

Nous voilà 4 ans plus tard avec une signature chez Nuclear Blast entre-temps (ce qui est étrangement toujours un signal inquiétant pour les fans). Est-il possible de succéder dignement à un album aussi monumental que Varähtelijä ?

Sans aucun doute ils ont brillamment remporté ce pari, à l’instar de la pochette nous faisons probablement face ici à l’album le plus sombre qu’Oranssi Pazuzu ont réalisés, dès les premières notes d’ »Ilmestys » l’angoisse sous-jacente se fait déjà ressentir. Bien qu’à première vue ce dernier semble reprendre un gimmick semblable à « Saturaatio » avec cet ostinato de guitare menaçant et lancinant qui occupe le centre de la composition, il est cependant ici étiré jusqu’à l’agonie pour exploser dans un climax des plus retentissants.

L’angoisse est le thème conducteur de cet album, dans un premier temps porté par le chant de Juho Vanhanen qui alterne entre un chant plus proche du BM dit traditionnel mais tout en gardant ce grain dérangé. Lui-même accentué par un second type de chant plus proche d’une diction incantatoire, voir parlé où il semble nous vomir ses textes avec encore plus de folie. L’atmosphère générale de l’album est également vectrice d’un désarroi conséquent face à ce psychédélisme « hanté ». Des passages comme l’intro de « Kuulen ääniä maan alta » envoyant tout de suite à une imagerie ancienne mais sombre accentuée par les petits pics dissonants de cuivre pendant le morceau. L’outro inquiétante de « Uusi teknokratia » et sa flute ainsi que les violons désaccordés Oikeamielisten Sali illustre également cette gêne ressentie.

Oranssi Pazuzu avec Mestarin kynsi démontrent qu’ils sont bel et bien les maitres pour ce qui est de lentement construire une ascension, couche après couche de faire monter la tension jusqu’à un point de rupture fatal dans une cacophonie d’une rare intensité. Les climax de « Ilmestys » et « Kuulen ääniä maan alta » sont d’une satisfaction presque jouissive.

À noter un léger bémol sur le dernier morceau, qui bien que très intéressant dans sa forme demeure trop long celons-moi pour que cette répétition incessante de ce riff torturé n’en devienne pas rébarbative.

Cependant Mestarin kynsi reste un des albums immanquables de cette année 2020 et un parfait successeur à Varähtelijä.

Kiritobi
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