17–19 octobre 2025 – Trix, Anvers (Belgique)
De retour dans ce merveilleux festival, année après année, de manière totalement logique. Au vu de la programmation, quand on est amateur du genre, on ne peut être qu’emballé par la perspective de passer un bon week-end musical. Un peu de redite ? Allez…
Le complexe du Trix constitue le cœur du festival avec ses trois salles distinctes. La Vulture Stage est une petite salle installée dans un bar où l’on entasse un tout petit peu de monde. Très peu de gens voient vraiment quelque chose, mais l’ambiance est bonne et on est là pour ça. Elle est quasiment toujours bondée. La Canyon Stage, de taille moyenne, rappelle un peu le Glazart. On y voit un petit peu mieux, mais ce n’est pas génial et il faut apprendre à bien se placer. Avec des mini-gradins de chaque côté, c’est plutôt sympa et ça reste une bonne salle. Enfin, la Desert Stage représente le top d’une salle de concert, un peu comme le 013 de Tilburg mais en deux fois moins grand. Tout le monde voit bien, c’est LA salle, celle que j’adorerais voir sur Paris pour nos concerts préférés.
Le merchandising se trouve à l’intérieur du complexe, ce qui est plutôt agréable pour tout le monde, contrairement au DesertFest de Berlin où c’est la catastrophe dès qu’il pleut. Les prix restent relativement chers pour ce genre de festival, malheureusement les bons plans se font rares. Il faut compter 25 ou 30 euros le t-shirt. Globalement, il y a « peu » de merchandising pour chacun des groupes, ce qui est assez étonnant.
Un petit jardin extérieur regroupe de bons stands de nourriture et c’est franchement top. Sauf quand il fait humide, ça n’aide pas beaucoup, mais le festival a mis en place des aménagements pour éviter le côté trop boueux. L’ambiance générale reste assez posée, tranquille. Il n’y a que très peu de mouvement dans la foule pendant les concerts, ce qui peut donner l’impression qu’il manque parfois d’ambiance, de folie. Mais cela a toujours été comme ça dans ce DesertFest d’Anvers.
On observe beaucoup de mouvement avec des entrées et sorties constantes dans les salles, mais c’est assez normal. La plupart du temps, les gens se placent pour le début du concert, puis après la fin du premier, deuxième ou troisième morceau, un certain nombre de personnes s’éclipsent. Parfois, une salle bondée se transforme ainsi au bout d’une quinzaine de minutes en salle agréable avec un peu de place partout. C’est surprenant et c’est une bonne surprise.
Les problèmes de circulation dans la Desert Stage qu’il pouvait y avoir par le passé ne sont plus d’actualité, car ils ont eu la merveilleuse idée de mettre de petites lumières sur chacune des marches. De la même manière, le son de la Desert Stage qui pouvait ne pas être au top par le passé s’est nettement amélioré. Cette fois, rien à redire là-dessus. Plutôt fort dans l’ensemble, mais surtout bon, et ce ne furent donc que des moments de plaisirs musicaux.
Voici un compte-rendu plutôt rapide sur ce que l’on a réussi à voir, car tout n’est pas si simple. Entre l’apéro, les chevauchements de programmation, les priorités des uns et des autres, les pauses nécessaires, et le besoin parfois de digérer certains concerts avant d’enchaîner… Il faut débriefer autour d’un verre. Des choix sont faits, des groupes sont zappés, non pas à cause de leur qualité, mais du running order ou des salles moins accueillantes ou bondées. Bref, la vie de festival.

Vendredi 17 Octobre
The Obsessed ont livré un show tout en maîtrise, tout en classe absolue. Du riff, du voyage, que dire face à cela ? On ne peut que célébrer la venue à nouveau de ce groupe ici. Le running order n’était pas celui que j’aurais aimé avoir, étant un plus grand amateur du dernier album qu’autre chose (car oui, honte sur moi, j’ai découvert ce groupe très tardivement).
Guiltless a confirmé l’intensité délivrée sur album. Là, ça envoie du lourd. À revoir dans de meilleures conditions, car une canalisation a dû péter ou que sais-je… Ça sentait affreusement mauvais là-haut, alors on n’a pas pu trop s’éterniser.
Oranssi Pazuzu nous a offert un voyage cosmique à base de beaucoup de choses variées et planantes. J’avoue que je me suis posé dans un coin pour profiter assis du concert, ne voyant donc plus rien. Toujours un bon moment quoi qu’il en soit.
Bongripper, c’était un gros voyage cosmique dans la lourdeur intense. Une heure, trois morceaux. Boum. Dans la gueule. On se fait rouler dessus, on aime ça, on en veut encore plus. Énorme. Ça prend le temps de poser l’ambiance, ça plombe, et une fois explosés, ça nous repasse dessus pour nous achever et nous aplatir définitivement. Forcément jouissif. Mine de rien, ça fait déjà une bien belle première journée.

Samedi 18 Octobre
Grosse, grosse journée que voilà.
Mars Red Sky a commencé le concert triptyque, forcément magnifique sur cette belle grosse scène. Cinq morceaux, puis leur dernier morceau a été accompagné par Monkey3.
Monkey3 a pris la suite sans aucun temps mort pour quelques morceaux, trois de leur répertoire, puis à leur tour, le dernier a été accompagné par Mars Red Sky. Magnifique, bien sûr !
Monkeys On Mars : est venu donc le moment de jouer deux morceaux totalement nouveaux que ces deux groupes ont créés en commun pour leur album sorti la veille. C’était leur deuxième concert ensemble. C’est beau, même si on ne connaît pas encore ces morceaux, même si on sent une pointe de fébrilité. À confirmer avec le temps et les concerts à venir. Mais quel beau projet de les voir réunis ainsi.
Acid King a donné là son premier concert, un best-of « classique ». Une fois de plus, que dire sur ce concert mené par ce trio avec une classe ultime ? Lori, la chanteuse guitariste, tient son groupe avec un jeu sobre, pur, gras, un son parfait qu’on aime qu’il nous déchire les tympans. Un moment de grâce doomesque. Une fois de plus, Acid King confirme son talent et ses morceaux cultes. Que du plaisir.

Colour Haze a proposé un beau début de concert, mais personnellement j’ai eu du mal à accrocher et je ne suis resté que deux morceaux. J’ai vu plusieurs fois le groupe en live, mais là je n’avais pas le truc qui m’a fait rester. J’ai préféré prendre mon temps et me placer pour le début du concert suivant, ce qu’il faut parfois faire si on veut une place pas trop pourrie.
Telepathy : j’ai regardé le premier tiers du concert. Très bon dans l’ensemble. Un post-metal moderne très bien foutu, énergique, en place. C’est du bon boulot. Cool d’avoir pu les voir un peu en live.

Après une pause, on s’est installé comme il faut pour accueillir Yob, qui a délivré là un beau set malgré une setlist que j’aurais préféré bien différente, mais ça je le savais avant de venir. Un début de concert aux petits oignons avec « Prepare the Ground », puis un creux avec deux morceaux qui me plaisent beaucoup moins : « Nothing to Win » et « Before We Dreamed of Two ». Mais un final sur « Marrow », qui est juste un des plus gros hits de Yob. Magistral, beau, émouvant, prenant, juste une grosse claque.
Ce concert aurait pu être plus court. Deux morceaux suffisaient (et quels morceaux), ou bien ils auraient pu remplacer par les deux morceaux qu’ils ont joués en plus le lendemain en Angleterre, à savoir « Doom2 » et surtout, SURTOUT « Quantum Mystic » qui m’aurait fait devenir fou, venant d’un des meilleurs albums ever, à savoir « The Unreal Never Lived ». Bref, bon concert avec de beaux moments qui aurait pu devenir culte. Ils n’étaient pas très loin.

Pause pour se remettre de ces émotions, et un final pour cette journée sur Orange Goblin, qui est sur sa dernière tournée de carrière, sa tournée d’adieu. Pour un concert, ce fut une débauche d’énergie et de coolitude riffée, tout simplement. Ça a groové comme le groupe a toujours fait et sait encore le faire, de mieux en mieux. Ça va être bien triste de les voir quitter la scène. En tout cas, leurs concerts, leur groove et leur bonne zique survivront, c’est certain. Quel concert !
Dimanche 19 Octobre
On va zapper quelques groupes ici. Lowrider devait jouer tôt mais Messa les remplace. J’ai très volontairement zappé ce groupe que je n’ai jamais vraiment apprécié sur album. On arrive donc pour Acid King.
Une nouvelle fois, un grand plaisir de voir le groupe sur scène. Rien n’a changé avec vendredi, toujours la même classe, juste des morceaux différents, ici issus de « Middle of Nowhere, Center of Everywhere » pour ses 10 ans (surprenant, car il y avait d’autres albums en entier qui auraient bien eu leur place : 20 ans de « III » ou 30 ans de « Zoroaster »). Set maîtrisé de bout en bout, bien classe.
My Sleeping Karma : leur batteur étant mort il y a quelque temps, le groupe est revenu avec un nouvel album et un nouveau batteur. Leur entrée sur scène s’est faite de la plus belle des manières. Une bougie a été apportée au centre de la scène alors que les quatre compères se tenaient autour, dans les bras les uns des autres, pendant un court instant de recueillement sous les acclamations du public. Grosse émotion directe. Le concert ne pouvait que bien commencer. Leur musique a ensuite pris le pas et nous a emmenés en voyage. Parfait. J’ai dû m’éclipser à la moitié du show pour profiter du groupe suivant.
Fvzz Popvli, groupe de garage rock bien énergique venant de Rome. Le trio dépote et propose un show rempli de vitamines, de bières et de folie. Je n’en ai vu que quelques morceaux au début, mais la fin du show était du même acabit en passant devant la salle. Bon groupe de live.

Castle Rat, voilà un groupe grandement attendu. Ils ont eu leur buzz avec le premier album, le second vient de sortir et me plaît bien mieux d’ailleurs. Bien sûr, la frontwoman n’est pas pour rien dans le succès du groupe, notamment en live. De plus, le groupe a toute une scénographie qui leur appartient, avec de petites scénettes sympathiques qui mettent dans l’ambiance de ce doom trad très bien foutu en live. Mais il y avait beaucoup, BEAUCOUP trop de monde dans cette salle du haut. Ce groupe aurait dû jouer sur la grande salle. En tout cas, ils y auront très probablement leur place lors d’un prochain passage.
Lowrider, c’est donc le tour de ce groupe que j’apprécie tout particulièrement. Surprenamment, c’est surtout leur dernier album que je trouve meilleur dans leur discographie alors que ça fait un bail que je les suis. Le rendu live sur cette grande scène était parfait. Excellents morceaux, bon son, bonne prestation, un poil de blabla, d’humour et de coolitude, et c’est reparti pour du riff qui est loin d’être basique. Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas. Magnifique, maîtrisé.
Un petit tour très rapide sur Froglord, qui sont assez rigolos avec leur crapaud géant et leur chorégraphie sortie tout droit des tourbes de Bristol. À voir dans de bonnes conditions, car là, impossible de prendre le temps d’affronter cette salle trop petite et bien trop pleine.
Graveyard a proposé un show ultra maîtrisé avec un niveau de dingue. Ça joue d’une qualité exceptionnelle et comme si ce n’était rien. Ce rock stoner psyché bluesy a commencé avec des morceaux très énergiques, puis au fur et à mesure de l’avancement du concert, ça s’est calmé tout en restant très intéressant et kiffant. Tout simplement. Oui, ça change de la cave de l’International à Paris avec 100 personnes. Ce set très 70’s était très plaisant et on a donc eu droit là à un concert juste excellent de bout en bout. Quelle classe. Pas de folie, juste un déroulé de savoir-faire ultra maîtrisé. Et c’est bien aussi ainsi.
Elephant Tree, j’adore tout particulièrement le groupe. Stoner doom doomgaze, c’est lourd, très bon avec deux voix assez aériennes. Sur album, c’est juste magique, il y a de quoi dire et surtout pas mal de choses à écouter et kiffer. Et vu que je connais très bien sur album, que c’est ultra produit, ce n’est pas si simple d’apprécier autant sur scène dans cette moyenne salle. Les approximations occasionnelles me sont incompréhensibles. Ça DOIT être parfait, c’est tout un univers sur lequel le groupe ne joue pas comme il devrait, préférant faire des transitions d’une minute ou deux entre chaque morceau, papoter, alors même qu’ils pourraient asseoir leur savoir-faire et leur puissance incroyable.
Ça reste un très bon concert, un excellent moment, un plaisir de voir le groupe en live et une très belle fin de festival, car le groupe termine ce très bon DesertFest, une fois de plus.
Merci le DesertFest, merci le Trix, merci Anvers. Des rumeurs parlent de changement de lieu pour l’année prochaine ? Ça fait un peu peur. Gardez un complexe fermé avec plusieurs salles, gardez un jardin extérieur ouvert pour chiller entre les groupes, gardez les excellents foodtrucks et boissons, et on sera là.

Acid King
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