Trivium – In the Court of the Dragon

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Style: Metalcore / ThrashAnnee de sortie: 2021Label: Roadrunner

S’il y a bien un groupe qui me laisse froid de chez froid depuis ses débuts, c’est clairement Trivium, le groupe de Matt Heafy, et nos chroniques sur Eklektik le lui rendaient bien jusqu’ici. Alors vous vous en doutez, je n’attendais évidemment rien du tout de ce nouvel album du groupe, le 10ème déjà du très prolifique américano-nippon et de sa troupe. Et la surprise n’en est au final que meilleure.

Pas que cet album soit l’album de l’année, loin s’en faut, mais moi qui pensais que Trivium ne pratiquait qu’un metalcore générique et ennuyeux, j’ai pu réviser mon jugement avec cet album à la cover assez spectaculaire.

Alors attention, il y a toujours une sorte de formule chez Trivium, ce mélange de metalcore et d’un héritage de thrash dilué (d’où certaines comparaisons avec Metallica qu’on pouvait parfois lire), avec très souvent un passage obligé par des voix claires assez clichesques, comme peut malheureusement le faire depuis plusieurs sorties un Machine Head (dont le style de Trivium n’est d’ailleurs pas très éloigné depuis que MH se vautre dans le metalcore). Pour sortir du carcan dans lequel il s’est enfermé, Heafy a depuis un moment pris le parti de mettre un peu d’ambition dans ses compos, notamment en proposant régulièrement des compos plus alambiquées et longues, à force renfort de breaks, contre-breaks, accélérations, solos, refrains…

Le résultat de cette ambition sur ce 10ème album, c’est une intro inutile et surtout 9 nouvelles compos, dont 3 qui dépassent les 7 minutes avec cet enrobage fantasy qui se dégage de la cover (très belle) et des titres de certains morceaux (évitons de parler de ces clips horribles que j’ai d’ailleurs choisi de ne pas faire figurer sous la chronique, car c’est vraiment une catastrophe de kitsch et de mauvais goût, entre le Game of Thrones du pauvre ou l’Assassin’s Creed au rabais) pour un total de 52 minutes et 16 secondes.

On va vite constater à l’écoute de l’album, que l’ami Heafy aurait certainement pu supprimer 2 ou 3 titres pour proposer un album très solide du début à la fin. Car l’album contient en effet des titres très réussis comme le morceau titre qui débute les hostilités ou « Like a Sword over Damocles » qui suit (et s’avère assez épique). Un peu plus loin « A Crisis of Revelation » est également une réussite, avec notamment un super refrain catchy en diable. Et puis il y a la petite claque « No Way Back Just Through », le meilleur titre de la plaque à mon avis (meilleur titre de metalcore de l’année ?) et d’ailleurs également le plus court (3min53) : agressif et proposant là encore un refrain franchement excellent qui vous restera en tête de nombreux jours. S’agissant des titres les plus longs que je n’ai pas encore cités (et pour cause), ils ne sont pas tous ratés (spoiler!) puisque « The Shadow of the Abattoir », en forme de fausse ballade, s’avère vraiment bien foutu du haut de ses pourtant 7min11, avec là encore un bon petit refrain bien infectieux.

Mais c’est aussi sur ce genre de titres que Heafy veut certainement trop en faire à d’autres endroits, et il suffit que le songwriting soit moins affûté pour que ces solos interminables, parfois enchaînés les uns avec les autres, ces breaks téléphonés, et ces passages en voix claire moins solides, fatiguent et donnent envie d’appuyer sur « next ». C’est ainsi le cas de « Fall Into Your Hands » dont les 7min45 et le refrain malheureusement un peu trop pataud ont en prime la malchance de tomber juste après « No Way Back Just Through » (ce qui n’était pas la meilleure idée de l’année), mais aussi et surtout de « The Phalanx » (n’allez pas regarder le clip, c’est vraiment très moche…) qui conclut l’album et s’avère niais au possible avec ce chant clair dans ce qu’il a de moins bon qui vient achever un morceau à la base déjà pas bien terrible, le tout ressemblant au final à la mauvaise BO d’un mauvais film bourrin de fantasy, avec l’orchestration forcée qui pue la guimauve qui va bien (ou mal en l’occurence).

Même sur des configurations plus courtes et moins alambiquées, Heafy n’est pas à l’abri d’une petite sortie de piste, comme sur « Feast of Fire » qui reste sympathique, mais ressemble beaucoup à du Sevendust (notamment sur le refrain) et ne marquera pas les esprits, ou sur « From Dawn to Decadence » là encore vraiment pas foufou (et sur le refrain duquel on peut d’ailleurs remarquer la proximité vocale entre Heafy et Corey Taylor). Rien de déshonorant cependant, ces titres passant tout de même bien dans le contexte de l’album.

Mais il pâtissent un peu de la comparaison avec les morceaux précédemment évoqués, qui font les meilleurs moments de cet album, et sur lesquels je suis le premier à reconnaître avoir vraiment passé un vrai bon moment et avoir répété l’écoute volontairement et plusieurs fois (presqu’en boucle pour « No Way Back Just Through », un des meilleurs titres de l’année 2021 à mon avis).

Pas l’album de l’année donc, un solide niveau technique dont j’ai peu parlé mais qui est bien réel (et si l’on est honnête on peut reconnaître que c’est le cas depuis le début du groupe), de vraies faiblesses et un trop-plein d’ambition qui auraient mérité d’être évités de même que des « fillers » parfois gênants, mais au final je ne peux m’empêcher de trouver cet album plutôt sympathique globalement (même si je couperai probablement l’écoute après le 9ème titre), ce qui est une première dans ma relation (ou plutôt jusqu’ici non-relation) avec ce groupe. Pas mal quand même donc et un album qui a peut-être bien le potentiel de faire changer d’avis ceux qui jusqu’ici n’étaient pas convaincus par Trivium!

Tracklist :
01 – X
02 – In the Court of the Dragon
03 – Like a Sword over Damocles
04 – Feast of Fire
05 – A Crisis of Revelation
06 – The Shadow of the Abattoir
07 – No Way Back Just Through
08 – Fall into Your Hands
09 – From Dawn to Decadence
10 – The Phalanx

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 1019 articles sur Eklektik.

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