Ayant connu un très joli accueil critique avec son Anabasis (2021), L’Effondras en donne enfin une suite. Bien que ce deux-titres ne soit pas composé de vraies nouveautés (car enregistrés durant la même session que leur album précédent), le trio instrumental originaire de Bourg-En-Bresse continue de faire les choses à sa guise…
Partant d’une base post-rock (ou anti-post rock d’après la fiche promo couplé au terme « instrumentalgaze » qui y correspond aussi assez bien), le groupe y greffe des influences diverses sans vouloir correspondre à une étiquette trop restrictive. Ainsi « Ethel » démarre avec un rock mélancolique et planant mené par un riff principal touchant au grunge tandis que la seconde guitare va dans des contrées plus aériennes. La voix pleine de sobriété du guitariste Pierre Lejeune sied parfaitement à leur univers hypnotique, avant qu’elle ne se taise et laisse la place à un tout autre mouvement à mi-chemin. Débuté par un puissant trémolo, le final mêle arpèges délicats et quelques spoken words dans le décor, de quoi conclure six minutes hors du temps.
« Macon Heights » possède une durée similaire mais une approche bien différente ! Dominé par des nappes de guitares aux notes délicates prises dans un feeling vaporeux, ce second titre nous emmène dans des contrées plus abstraites. Les notes se répètent, agrémentées d’effets à la production étrange, offrant des notes d’une étonnante pureté mais prises dans une sorte de halo saturé. S’intensifiant sur son final vers les cimes (presque drone), sa conclusion acoustique viendra contribuer à nous faire retourner sur la terre ferme.
Ces deux titres touchent et hypnotisent l’auditeur chacun à leur manière, créant là une vision toute personnelle du (post) rock/slowcore instrumental, rempli de sensations peu communes et de mélodies obsédantes. L’appétit est désormais bien ouvert avec ce trop court apéro, vivement que la suite arrive dans nos assiettes !
- Ethel
- Macon Heights
L'Effondras
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