Après cinq longues années silencieuses, Dysylumn vient enfin offrir une suite au fabuleux double-album Cosmogonie. Les deux lyonnais officiant aussi dans Bacchus et Abyssal Vacuum (le chanteur seulement pour celui-ci) signent avec Abstraction un nouvel album bien court comparé à son prédécesseur (qui dépassait les 80 minutes) avec seulement cinq titres mais renouant avec leur style si caractéristique.
Un style de black/death metal cosmique teinté de doom mené par les cris de Sébastien Besson, toujours volubiles tandis que les guitares sont dans des contrées atmosphériques avec des notes très aigües faisant décoller l’auditeur dans la stratosphère (dès « Abstraction I », ouverture se passant d’introduction pour une mise en orbite immédiate). Comme une signature, le style du duo est désormais reconnaissable par cette faculté à mixer à un permanent sentiment de tristesse ce déversement rageur black/death, renvoyant à des images d’un astronaute perdu et abandonné aux prises avec une créature (personnifiée par ces vocaux protéiformes).
Calant de très nombreuses nuances, tantôt dissonantes, tantôt plus en retenue émotionnelle (« Abstraction III » et son break minimaliste avant un final bouleversant), Dysylumn développe ici de nouveaux paysages sonores au pouvoir immersif implacable malgré la longueur de ses morceaux (« Abstraction V », épique conclusion culminant même à dix minutes, pas une de superflue !).
Un sublime retour pour Dysylumn, renouant avec son style si caractéristique, multidimensionnel, transcendantal, ésotérique, que sais-je encore. Le genre d’album qui s’explore strate par strate et dont l’effet n’est que plus puissant écoute après écoute. La marque des grands albums. Juste dommage qu’il ne dure que 35 minutes !
- Abstraction I
- Abstraction II
- Abstraction III
- Abstraction IV
- Abstraction V
Dysylumn
Soyez le premier à partager votre avis !
Laisser un commentaire