Plutôt calme depuis deux ans avec seulement la réédition de son Catacombs (sorti dans un premier temps en 2023) chez Handful Of Hate, Pa Vesh En a, semble-t-il, souhaité ralentir un peu la cadence (le biélorusse ayant livré pas moins de treize sorties depuis 2017 !). Et non ! Car voici le gaillard de retour avec un nouveau projet nommé Rahaty, qui transpose son énigmatique univers au death metal.
Bestial Lustmord, son premier album, nous accueille donc avec une intro posant les bases – « familières » – du projet: « Cathedral Siege Warfare » est constituée d’une prière aux vocaux distordus tandis qu’à l’arrière plan, un monstre semble se réveiller. Monstre qui prendra vie sur « Desecration Cannonade » avec des growls bien putrides vomis sur fond d’une rythmique véloce et froide, correspondant totalement au sentiment de claustrophobie perçue chez Pa Vesh En (avec notamment ses quelques cliquetis caractéristiques au milieu de ses blastbeats).
Ainsi, l’univers maladif de son projet principal prend ici une dimension autrement glauque, notamment lorsque des cris féminins (à vous glacer le sang) apparaissent (« Bestial Lustmord »). Donnant l’impression de se trouver dans le tambour d’une machine à laver en mode essorage tant la rythmique s’emballe, la lessive étant assurée au fond d’une caverne suintante à l’écho malsain. La dévastation rejoint la peur, tout est là pour oppresser, déstabiliser l’auditeur, or ce dernier se retrouve paradoxalement hypnotisé par ce paysage déformé, massif mais curieusement vaporeux.
Entre le climat torturé de Pa Vesh En et son alter ego qu’est la monstruosité Rahaty, le biélorusse derrière ces deux entités créée un lien évident malgré leur différence de styles. Une marque de fabrique mêlant ici sa facette malfaisante à une implacable brutalité vocale, délivrant un impressionnant chaos dissonant. Eprouvant mais cette séance de spéléologie des enfers – et les sueurs froides qui l’accompagnent – valent le détour.
Rahaty
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