My Sleeping Karma – Satya

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Style: space rockAnnee de sortie: 2008Label: Elektrohasch

Je ne vais pas essayer d’installer de faux suspense : le nouveau My Sleeping Karma ne confirme pas les espérances nées du premier My Sleeping Karma (chroniqué ici). Fondamentalement le groupe n’a pas jugé nécessaire de relooker sa formule, ce qu’il serait bien déplacé de condamner. On navigue toujours en plein trip stationnaire où fusionnent socle stoner à basse dominante et saillies méditatives alimentées par l’utilisation constante de synthés new age que n’aurait pas reniés Popol Vuh. Jusque là je souscris.

Mais mes bonnes dispositions tournent court, où plutôt restent lettre morte lorsque je me réveille au bout de cinq morceaux, me rendant compte que j’attends toujours le début de l’album… D’une certaine manière Satya, à trop jouer la carte de l’expérience religieuse/tantrique, oublie d’être un album de rock. La musique s’enferre immédiatement dans des boucles de mouvements basse/guitare/clavier pantouflards, dont elle ne se sort pas. Tout cela manque cruellement de vertèbres, et disons le tout net de mélodies qui restent. Second reproche, moins criant mais qui a tendance à m’horripiler, chez beaucoup de groupes d’ailleurs : le trio, paraissant exiger de l’auditeur la connaissance préalable de son univers, ne prend absolument pas la peine de “se présenter.” On arrose les sonorités spatiales au bout de dix secondes et on se pose de but en blanc en vitesse de croisière, en donnant une impression de conciliabule entre vieux potes duquel tout nouvel arrivant est exclu de fait. On peut y voir au choix de la précipitation dans l’écriture ou une faiblesse à domestiquer le jam de répèt’ en quelque chose de compatible avec le format studio. Etant donné que le premier album ne présentait pas ce défaut je penche pour la première hypothèse, et quoi qu’il en soit cette impression – certes subjective – invalide dans une large mesure le plaisir de l’écoute.

Il faut attendre la septième piste (“Svaatanya”) pour trouver une authentique opportunité de fermer les yeux et de larguer les amarres, et encore cela est-il en grande partie l’œuvre de Katrin Wiessler, qui habite ce titre de son chant bien expressif, d’enveloppe assez annekienne. A la suite de ce morceau, Satya sort d’ailleurs un peu plus les épaules et le groupe côtoie sur plusieurs passages le tonique équilibre qui faisait de l’éponyme un album tout à fait exaltant et porteur d’avenir. Mais même ce regain de forme reste inégal, et avec une première moitié de disque aussi ramollie, il était de toute façon trop tard pour raccrocher le wagon des albums à posséder.

On pourra trouver dur le contraste entre la tonalité très positive de la chronique précédente et celle-ci aux allures de sanction, alors que finalement il n’y a pas des galaxies entre les deux albums. Cela dit, dans certaines circonstances stagnation vaut régression. J’aurais voulu pouvoir conclure cette chronique en disant que My Sleeping Karma sont définitivement sortis de leur costume d’outsiders. Hélas on dirait que les coutures résistent…

  1. ahimsa
  2. interlude i
  3. satya
  4. interlude ii
  5. a-staya
  6. interlude iii
  7. svaatanya
  8. interlude iv
  9. brahmachary
  10. apangraha
  11. interlude v
  12. sand
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