Venant de Marseille, Woest est un quartet – composé de membres de Filthy Charity, Tarask et rejoint il y a peu par l’ancien guitariste d’Aorlhac – pour qui black metal rime avec urbain, mais dans sa vision la plus crade et glauque à la fois. Un tableau de décrépitude au sein des bas-fonds de grandes villes appuyées par de nombreux éléments industriels, voire des beats techno allant de pair avec l’atmosphère générale.
Une atmosphère qui opte donc pour l’oppressant, le poisseux, bref le pas vraiment accueillant vous l’aurez compris. Cette exploration hostile de ce qui semble illustrer les plus bas instincts de l’Homme possède en fait une vraie vision philosophique. Incluant par exemple le début des Chants de Maldoror de Lautréamont dans « Dionysiaque », texte « imagé », donnant ici le sentiment curieux d’avoir à faire à des « punks littéraires » portés sur les fluides corporels.
Des textes riches et souvent plus explicites (rien que le titre « Déterminé à puer la merde » vaut son pesant de cacahuètes) accompagnés d’un mélange irritant de black metal tranchant et d’une voix haineuse (aux lyrics audibles quasiment tout le temps) sur fond de rythmiques industrielles aux beats appuyés, qui créent là un maelström nauséeux. Un peu comme si The Axis Of Perdition et Blacklodge avaient quitté leurs usines pour une virée avec The CNK dans des rues miteuses entre errances, froideur et addictions diverses.
Avec son ambiance dérangée et ses beats techno qui s’emballent souvent (« Brûler »), Vomir à Outrance se vit comme une expérience singulière où la constante agression s’accompagne d’une part d’effluves peu ragoutantes… et d’une part de divagation, ne réalisant plus trop que l’on termine souillé sous ce déluge de fluides immondes. La pluie de conclusion (« Hidden Track ») n’en est plus que bienvenue.
Woest
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