Duo italien (aux membres nommés Wolke et Anxitudo) portant d’étranges masques, Diepsnea officie depuis 2019 mais aura connu une pause après son single « Rén » (2021) avant de revenir cinq ans plus tard avec ce nouvel album à la cover nous faisant attendre une visite de grands espaces désertiques. En vain.
En effet, Radici propose huit nouveaux titres d’un black metal se jouant des conventions, ouvrant régulièrement son esprit au travers d’expérimentations. L’ouverture mid-tempo « Maskharah » donne pourtant dans un black metal se suivant parfaitement bien, injectant quelques chœurs lancinants entre ses attaques qui deviendront plus rapides sur la fin. Mais la suite de l’album intègre beaucoup plus d’avant-garde, entre le ténébreux « L’abbraccio del Serpente », « Necromanteion » et ses effets d’échos ou encore les multiples breaks dont certains electro de « Vultures » ou « Radici ».
Une multitude d’idées et d’envies qui se matérialisent çà et là, cherchant à surprendre l’auditeur dont l’écoute se veut donc aventureuse. Les vocaux alternent entre acéré, quasi opératique mais aussi des spoken words, une multiplicité allant de pair avec la créativité foisonnante du duo, elle aussi partant dans de très nombreux recoins au gré de compos évoquant Dødheimsgard ou Manes.
On s’égare parfois dans ces méandres d’expérimentations virant parfois au théâtral, mais on tient vraiment quelque chose à part de la scène. Rien de désertique au final donc, mais ces cactus piquent pas mal, à commencer par votre curiosité…
Diepsnea
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