Incroyable de voir revenir aux affaires les suédois de Clawfinger en cette année 2026, presque 20 ans après leur dernier album (le bien terne Life Will Kill You) ! Incroyable vraiment ? Ou peut-être finalement assez logique vue l’ambiance dégueulasse qui règne dans le monde et le besoin plus prégnant que jamais de dire merde à tout ça. Et ça tombe bien car c’est précisément ce que font (toujours) les suédois avec d’abord un « Scum » en forme de majeur bien dressé et visant directement le plus gros trou du cul du monde en 2026 (même si la compétition est rude soyons honnêtes) : Donald Trump évidemment.
Et à l’écoute de ces 12 nouveaux titres, il est frappant de voir à quel point le style Clawfinger :
- est conforme à celui qu’on a connu et apprécié 20 ans auparavant,
- n’a pas pris une ride et reste parfaitement actuel.
On prend donc le fil de ce nouvel album comme si rien n’avait changé (et idéalement comme si les deux précédents albums du groupe n’avaient pas existé). Zak conserve son phrasé rap-métal caractéristique qu’on aime avec sa voix reconnaissable immédiatement, sa capacité à faire claquer les mots et à rendre ses refrains très accrocheurs (« Environmental Patients » par exemple) et on se félicite qu’il ait renoncé à chanter de façon plus « lyrique » (comme il le tentait sans succès sur Life Will Kill You, cf par exemple l’immonde « Prisoners »). Le son est de retour à celui qu’on leur connaissait avant Life Will Kill You qui les voyait prendre un virage inutilement plus « sale », mélange de grosses guitares et d’électronique avec cette efficacité implacable. Le tout avec un ton à l’image de la pochette bien pessimiste : mais n’allez pas croire que le groupe pleurniche ou se lamente 40 minutes durant, on est évidemment plutôt dans une approche « fuck you » (Zak n’est d’ailleurs pas avare en « fuck » balancés tout au long de l’album, avec pour point d’orgue « Before We All Die ») que le groupe a toujours porté en mélangeant dérision et coups de boule pour faire passer son message.
Même un titre comme « A Perfect Day » en apparence guilleret et positif (et sans guitare électrique), semble contaminé par le pessimisme ambiant au fur et à mesure qu’il progresse, pour se terminer de façon bien sombre avec ces paroles à l’avenant : « God I hate this fuckin’ shit!! ». Idem pour « Going Down (Like Titanic) » qui est addictif à souhait mais porte évidemment là encore le même type de message très négatif sur l’état du monde actuel.
Evidemment Clawfinger ne réinvente pas la roue et ne propose au final rien de nouveau mais les compos de ce nouvel album sont toutes très réussies et chacune comporte sa petite touche qui permet de ne pas se lasser sur la durée de l’album (exemple avec cette guitare slide sur « A Fucking Disgrace », cette dimension dramatico-symphonique sur le morceau titre, ou encore les tonalités orientales de « Kill the Dream » 29 ans après celles du mythique « Two Sides »).
Avec Before We All Die, Clawfinger signe donc un retour en belle forme qui redore son blason et dont on espère qu’il sera confirmé avec des concerts et d’autres sorties à l’avenir! A suivre!
Tracklist :
01 – Scum
02 – Ball & Chain
03 – Tear You Down
04 – Big Brother
05 – Linked Together
06 – A Perfect Day
07 – Going Down (like Titanic)
08 – You Call Yourself a Teacher
09 – A Fucking Disgrace
10 – Kill the Dream
11 – Environmental Patients
12 – Before We All Die
Clawfinger
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