Projet d’une belge expatriée dans l’Etat de Washington, Hulder mène sa barque en solo depuis ses débuts en 2018, ayant signé deux albums (Godslatering: Hymns of a Forlorn Peasantry en 2021 et Verses In Oath en 2024) avant ce Verbolgen. Un troisième opus qu’on peut considérer comme le début d’une nouvelle ère pour Hulder puisque la belge n’est désormais plus seule !
En effet, la voilà officiellement accompagnée d’un certain Necreon qui s’occupe de la basse et des backings (il était déjà là pour Verses In Oath, mais enfin considéré comme membre à part entière du projet), et si l’on cherche un peu, on se rend compte qu’il ne s’agit pas de n’importe qui: Sam Osborne, guitariste de Funebrarum (qui a d’ailleurs récemment sorti Beckoning the Void of Eternal Silence), neveu de Buzz Osborne (Melvins) et… mari à la ville de la multi-instrumentiste !
Ce troisième album s’inscrit donc dans la lignée du précédent. Suite à une intro atmosphérique d’inspiration médiévale (« Drie Raven »), les choses peuvent démarrer avec « The Crowning », black metal à la Emperor ou Dimmu Borgir des débuts (période Enthrone Darkness Triumphant), palpitant avec ses inserts atmosphériques (feu qui crépite, spoken words et un pont nous ramenant au temps des ménestrels…) tandis que la vocaliste se montre à nouveau à l’aise, tant dans les râles que dans ses variations growlées (et aussi dans le chant clean en mode chorale comme sur le titre bonus acoustique « Zonnesteen »).
La recette d’Hulder est somme toute classique, récupérant l’esprit des 90’s tout en parvenant à conserver une fraicheur de tous les instants. Ceci s’explique notamment par la richesse de chaque titre, ne souhaitant aucunement se complaire dans la répétition de riffs binaires se voulant hypnotiques. Un titre comme « The Binding Oath » par exemple, propose donc un accompagnement de flutiaux pas du tout hors propos, ainsi que quelques chœurs de sorcière sur son refrain. Des idées qui auraient très bien pu sonner cheaps ou datées, or tout est ici façonné avec minutie en évitant magistralement tout pompeux au profit d’un sens de l’épique au milieu de toute cette noirceur (« In Blood and In Earth »).
Grisant par ses mélodies nostalgiques tout en demeurant ténébreux (notamment sur l’incroyable « View From Nemeton »), Verbolgen est un troisième opus qui, sans innover, s’écoute et se réécoute avec le même plaisir.
Hulder
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