Si vous n’aviez pas eu assez d’apnée en eaux troubles avec le dernier Altarage, voici le nouvel album de Viande, et coïncidence, il est sorti le même jour ! Viande, c’est un quartet franco-suisse (basé à Chambéry) contenant des membres d’Abyssal Vacuum, Serpens Luminis, Trogne ou encore Nahar, dont on avait pu découvrir l’univers déjà bien glauque sur L’abime dévore les âmes (2022). En voici donc la suite avec ce Monument aux morts.
Et autant vous dire, vous n’y êtes pas les bienvenus ! Ce second album débute par un « Linceul immense », soit un death metal qui opte pour l’opaque, la laideur et la pesanteur. Avec ses inserts de doom, de black metal et de quelques sonorités indus, la recette de Viande ne semble pas forcément des plus appétissante, or le boulot sur les atmosphères est une fois de plus cauchemardesque… dans le bon sens du terme !
Toujours dans la lignée d’un Portal ou d’un Teitanblood, Viande créée là un conglomérat de riffs en spirale et de vocaux inhumains, un tout aussi complexe que repoussant. Cependant, la gestion des ralentissements permettent régulièrement de reprendre pied… tout en restant dans l’horreur, bien entendu (le break final de « Germes de mort », où comment effacer toute trace de canicule au profit de sueurs froides).
Comme son prédécesseur, Monument aux morts ne s’adresse pas à tout le monde ! Ces huit titres monolithiques pilonnent à tout va, déstructurent votre perception et peuvent vous perdre dans leurs méandres boueux où les mélodies accrocheuses sont aux abonnés absents. Mais ce n’est aucunement là le propos de Viande, vous l’aurez compris, le quartet nous entrainant avec lui vers les profondeurs, nous engloutissant tel un témoin de notre propre mort. Pour public averti.
Viande
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