Deux ans après le très bon Death Is Little More, Boundaries fait son retour avec un sacré morceau ! Yearning: The unbeautiful after est en effet un nouvel album (le premier chez Sumerian Records) contenant pas moins de quatorze titres enregistrés par Drew Fulk, ayant notamment bossé avec Fit For A King et Knocked Loose. On ne sera donc pas trop étonné du caractère massif de la production de ce quatrième album !
Et il ne faut pas bien longtemps pour le reconnaitre puisque dès les premières mesures de l’ouverture « Malconscience », on se retrouve comme projeté par l’onde de choc créée par le groupe du Connecticut. Les riffs ont en effet été gonflés au maximum tandis que le vocaliste Matthew McDougal apparait plus monstrueux que jamais, finalement très en phase avec ces riffs punitifs. Une optique à la radicalité poussée d’un cran au-dessus (en comparaison de l’album précédent, qui était déjà bien impactant) qui, sur ces premiers titres rappelant Knocked Loose, va nous faire douter un instant: est-ce que Boundaries a complètement mis au rebut ses ouvertures mélodiques qui lui sont si chères ?
La réponse sera non, mais pas forcément comme on l’attendait. Boundaries semble en effet apprécier le metalcore des années 2000 avec ses refrains emo, et ils nous en offrent donc sur des titres comme « May this pain never leave », « Death will follow me » ou encore « The leper’s bell ». Des titres qui osent la mélodie mièvre au milieu de riffs qui poutrent, Boundaries est loin d’être le premier à s’aventurer dans le coin, ni à s’embourber dans la facilité, malheureusement. Ces passages – aussi horripilants que frelatés – font lever les yeux au ciel et donnent souvent envie de passer au titre suivant malgré la férocité de ce qui les entourent (« Only endless » notamment qui lorgne du côté de The Devil Wears Prada).
Une férocité que l’on retrouvera fort heureusement sur de nombreux titres se passant de chant clean (ce dernier étant assuré par le batteur), contenant une alternance de breakdowns fatals (exemple avec « Crowned and crucified » où l’on retrouve le chanteur de The Plot In You en invité) et de riffs mi-dissonants/mi-mélodique (« Wasted angel »), mais rien n’y fera, le groupe aura beau sonner intensément rude, il nous mettra plein de sucre en guise de fin d’album (dès « Nothing, gathered », au riffing nostalgique mais nous remettant une louche de vocaux emo).
Un parti pris plutôt curieux au final, Boundaries sonnant à la fois plus furieux mais aussi plus putassier que jamais sur ce nouvel album. La modernité de ce mur du son ultra agressif (qui présage d’un pit en feu en live) couplée à cette envie de sonner emo à mêche époque Myspace aura sûrement du mal à passer pour certains (vous aurez compris que c’est mon cas), mais cette facette devrait peut-être convaincre les nostalgiques de l’époque. Bref, du très bon et du discutable pour un album en demi-teinte.
Boundaries
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